Présentation
Aouste, village de la Thiérache ardennaise situé à 10 kilomètres à l’est d’Aubenton, se distingue par son église fortifiée Saint-Rémi, l’une des plus remarquables églises crénelées des Ardennes, et par les vestiges gallo-romains et préhistoriques mis au jour sur son territoire.
Géographie
Le territoire, d’environ 1 283 hectares, relevait de la coutume de Vitry et fournissait des pierres de taille, des moellons et du sable jaune. Une source minérale ferrugineuse, dite la Fontaine-Rouge, y était fréquentée pour ses vertus curatives.
Histoire
Le château et les guerres du XVIIe siècle
Les vestiges d’un ancien château témoignent d’un site saccagé par les Impériaux après le siège de Mézières, en 1521, puis détruit par les Espagnols lors du siège de Rocroi, en 1643. Un épisode rapporté par Meyrac, non daté dans sa source, mentionne un combat où le duc de Lorraine, lieutenant du duc d’Amblise, aurait défait une troupe de « royaux » en retraite, leur tuant trois cents hommes — la date de ce fait d’armes reste à établir. En 1648, au lieu-dit le Jardinet, entre Aouste et Rumigny, une troupe de quatre cents cavaliers venus des Pays-Bas fut taillée en pièces par les Français. Le village fut de nouveau incendié vers 1657, épisode dont la voûte de l’église, restaurée en 1659, garde la trace.
Vestiges antiques
Au lieu-dit la Hérissonnerie, à la limite de Rumigny, d’importantes substructions gallo-romaines furent mises au jour lors des déblais pour la voie ferrée : une voûte, un bas-relief représentant un personnage romain tenant un papyrus à demi déroulé, et un vase antique rempli de monnaies romaines. Au Tonvoy, des haches en silex poli attestent une occupation néolithique. Dans la vallée d’Aouste, des cercles de pierre blanche fichés en terre, tenus pour des sépultures de l’âge du bronze ou du premier âge du fer, n’ont jamais été fouillés.
Patrimoine
Église Saint-Rémi
Église-halle à trois vaisseaux, Saint-Rémi fut bâtie en deux campagnes principales : la base de la façade, le collatéral nord et la dernière colonne sud de la nef remontent à la fin du XVe ou au début du XVIe siècle ; les colonnes sud, le collatéral sud, la partie supérieure de la façade occidentale et la tour fortifiée datent de la fin du XVIe siècle. Cette tour, campée à l’angle nord-ouest, servait de défense à son premier niveau, garni d’ouvertures de tir, et de logement au second, pourvu d’une cheminée. La voûte de la dernière travée porte la date de 1659, sans doute une restauration après l’incendie du village vers 1657. Un nouvel incendie, en 1876, endommagea gravement le collatéral sud, dont le mur et les voûtes furent entièrement reconstruits en 1878 ; l’abside, le mur pignon est, les charpentes et l’ensemble des fenêtres furent probablement repris à la même époque, dans un souci d’uniformité. Le portail occidental, à voussures prismatiques et tympan sculpté sous une bretèche, complète cet ensemble, classé au titre des monuments historiques le 5 septembre 1922.
Sources historiques
Albert Meyrac, Géographie illustrée des Ardennes, 1900 — base Mérimée, notice PA00078332 — Inventaire général du patrimoine culturel, région Grand Est, dossier IA08001552.