Présentation

Watigny, village de l’ancienne Thiérache bâti dans une plaine élevée, doit sa naissance à l’abbaye de Foigny, qui y installa au XIIe siècle un étang et deux forges autour desquels se sont peu à peu groupées les habitations.

Étymologie

Les formes anciennes se succèdent : Watignis (1155), Wategnies (1166, cartulaire de l’abbaye de Saint-Michel), Wategnis (1166, cartulaire de l’abbaye de Foigny), Watenis (1169), terra de Watheniis, Watigneis et Watengnie (XIIe s., cartulaire de Foigny), Watigniez (1366), Woirtigny (1616), Vuattigny (1709). Le Livre de Foigny de de Lancy propose une étymologie populaire, rattachant le nom à la pauvreté du terroir : « lieu situé en un climat assez froid, d’où vient que les héritages qui sont vers la pente d’un grand étang et avoisinent la forêt ne sont pas beaucoup estimés » — ce lieu serait appelé Vuatigny, ou « terres en Vuatinnes », c’est-à-dire de petite valeur. Cette explication relève de la tradition plutôt que de l’analyse toponymique rigoureuse.

Géographie

Le village est bâti à 65 km au nord-est de Laon et 25 km de Vervins ; son territoire couvre 21,12 km², entre 197 et 295 mètres d’altitude.

Histoire

L’origine de Watigny remonte au XIIe siècle : l’abbaye de Foigny, ayant détaché son territoire de ceux de Dagny et de Villers qui lui appartenaient, y construit une cense, creuse un étang de plus de 70 arpents de superficie, et bâtit en contrebas deux forges. Autour de ces installations se groupent peu à peu les habitations qui donnent naissance au village actuel.

Les habitants de Watigny devaient à Foigny sept sous par arpent de terre, pré ou bois, une demi-livre de cire pour la dîme et le terrage de chaque muid, un chapon vif ou huit sous tournois par maison, et un sou par livre sur la vente de leurs héritages. En contrepartie, ils jouissaient du droit de faire paître leurs bestiaux dans la forêt de Watigny — les chevaux dans les taillis de deux ans, les bœufs dans ceux de dix ans moyennant une rente de sept sous par bête —, à l’exclusion des moutons, chèvres et porcs. La modération de ces taxes, établie en 1587, favorise un développement rapide de la population : plusieurs censes et hameaux s’établissent alors sur le terroir, dont les Rigoles, Bobigny, Gervigny, le Champ de Lestry et les Wattines.

Au moment de la Révolution, la seigneurie de Watigny était incorporée au domaine de Guise. Elle était passée, au XVIIe siècle, entre les mains de Pierre Brodard, écuyer, seigneur de Grattepierre et du fief des Wattines (vers 1640), dont la fille Marie épousa François de Lamirault, écuyer, seigneur de la Lande et des Wattines, capitaine au régiment de Beauvau, présent à plusieurs sièges (1659). Leur fils Jean-Baptiste de Lamirault leur succède en 1690 comme seigneur de la Lande, des Wattines et d’Étréaupont, gouverneur d’Aubenton et lieutenant général des eaux et forêts du duché de Guise. Alexandre Colnet, gentilhomme verrier, seigneur de la Cloperie, est également seigneur de Watigny en 1670. En 1718, Pierre-François Gerbault, écuyer, seigneur de Sailly, chevalier de Saint-Louis et ancien capitaine au régiment Lyonnais, meurt à Watigny.

Patrimoine

Des deux forges fondatrices et de l’étang creusé par l’abbaye de Foigny, aucune trace n’est décrite dans les sources rassemblées ; les hameaux nés de l’essor du XVIe siècle, dont les Wattines, subsistent comme lieux-dits.

Sources

Melleville, Dictionnaire historique, généalogique et géographique du département de l’Aisne (1865) ; Matton, Dictionnaire topographique de l’Aisne, y compris la citation du Livre de Foigny par de Lancy ; base généalogique de l’Aisne (genealogie-aisne.com), notices Schioppa/Melleville et Sartori/justice seigneuriale de Foigny.

Illustration photo Havang(nl)