Présentation

Villers-lès-Guise, village de l’ancienne Thiérache bâti dans une plaine découverte, tire son nom même de sa position de dépendance rurale à proximité de Guise.

Étymologie

Les formes anciennes se succèdent : Vilers (1327), Villers (1336, cartulaire de la seigneurie de Guise), Villare-juxtà-Guisiam et Villaria-ultrà-Guisiam (1340), Villers-oultre-Guise (1405), Villers-desseure-Guise (1410), Villiers-oultre-Guise (1561), Villers-au-lez-Guise (1568), Viller-lez-Guise (1689), Villers-la-Réunion (1793, sous la Révolution). Selon Morlet, ces toponymes procèdent d’un « villaris », adjectif employé à l’origine pour désigner les dépendances d’un domaine rural — on trouve déjà l’expression terrae villares dans une charte du VIIe siècle. Des homonymes existent en Loire, dans l’Eure et en Côte-d’Or.

Géographie

Le village est situé à 55 km au nord de Laon et 25 km à l’ouest de Vervins ; son territoire couvre 8,06 km², entre 130 et 163 mètres d’altitude, drainé par le ruisseau des Fonds, affluent de l’Oise.

Histoire

Ancienne seigneurie vassale de Guise, Villers-lès-Guise est connu par une lignée seigneuriale suivie dès le milieu du XIIe siècle : Guy de Villers (1141-1180), puis Henri de Villers (1183). En 1210, Jean de Villers, dit Poil-d’Âne, meurt en laissant sa femme Evrarde, qui donne en 1218 la terre de Villers à l’abbaye du Mont-Saint-Martin. La seigneurie passe ensuite à Thierry de Douchy, par sa femme Sara (1225-1234), puis revient aux Villers avec Guyard (1270) et Jean (1318-1324).

Au XVIIe siècle, la terre appartient à Mathieu de la Planche (v. 1630), puis à Jean du Vez (1670) et à Claude-Charles Marquette (v. 1700), lieutenant criminel au bailliage de Laon. Son fils Louis Marquette lui succède en 1725, avant que la seigneurie ne passe aux mains de N. de l’Épinay, puis de N. d’Hué vers 1750 ; elle retourne en dernier lieu dans la maison Marquette.

Patrimoine

L’église du village, aujourd’hui dédiée à saint Rémi et intégrée à la paroisse du Pays de Guise – Notre-Dame de la Salette, succède à la paroisse d’Ancien Régime placée sous le patronage de saint Pierre. Au XVIIIe siècle, la commune accueillait un poste de la Ferme du Roi, chargée de la perception des impôts indirects, comme en témoignent les nombreux employés de la Ferme qui y sont recensés.

Sources

Melleville, Dictionnaire historique, généalogique et géographique du département de l’Aisne (1865) ; Matton, Dictionnaire topographique de l’Aisne ; Morlet, Toponymie de la Thiérache.

Illustration photo Havang(nl)