Présentation

Vaux-Andigny, bourg de l’ancien Cambrésis niché dans une sorte d’entonnoir formé par plusieurs collines, réunit depuis 1819 deux paroisses distinctes : Vaux-en-Arrouaise et les fermes d’Andigny, autrefois possession de l’abbaye de Bohéries.

Étymologie

Vaux apparaît dès 1201 sous la forme latine In territorio de Vallibus, puis Vaux-en-Arrouaize (1312), Vaulz-en-Arouaise (1405), et sous une dizaine de variantes graphiques jusqu’à Vaux-en-Arrouaise sur la carte de Cassini — toutes rappelant la forêt d’Arrouaise, dont la forêt d’Andigny constitue aujourd’hui un vestige. Andigny, de son côté, est mentionné dès 1110 sous la forme Aldigneis, puis Grangia de Andenis (la grange d’Andeignies) : à l’origine, deux fermes appartenant à l’abbaye cistercienne de Bohéries, à Vadencourt.

Géographie

Le village est situé à 60 km au nord de Laon et 45 km au nord-ouest de Vervins ; le territoire actuel, réunissant Vaux et Andigny, couvre 15,75 km², entre 121 et 169 mètres d’altitude, sur la Selle.

Histoire

Vaux dépendait de l’ancien Cambrésis, du diocèse de Cambrai, de l’archidiaconné de Cambrésis et du doyenné rural du Câteau-Cambrésis, dans la mouvance du duché de Guise, dont il ressortissait pour la justice ; Andigny, ferme abbatiale distincte, suivait sa propre appartenance ecclésiastique.

La seigneurie de Vaux est attestée dès 1201 avec Gilles de Vaux, puis Renaud, chevalier de Vaux-Andigny, en 1246. En 1352, Béatrix de Saint-Pol, dame de Nesle et de Chauny, lègue par testament la terre de Vaux-en-Arrouaise à sa fille aînée, Mahaut de Flandre. La terre d’Andigny, quant à elle, aurait été donnée en totalité à l’abbaye de Bohéries par Adelvie, dame de Guise — une donatrice bien connue par ailleurs des chartes de la région en cette fin du XIIe siècle —, et l’abbaye la conserve jusqu’à la Révolution.

À partir de 1475, la seigneurie de Vaux passe à la famille d’Épinoy : Jean d’Épinoy, écuyer et maître d’hôtel du duc de Guyenne, puis son fils ou successeur Pierre en 1480. Au XVIe siècle, les seigneurs de Sons sont également seigneurs de Vaux-Andigny, avant qu’un N. de Stauage de Beauvillers ne leur succède ; la terre est en dernier lieu réunie au domaine de Guise.

Les deux paroisses, devenues communes distinctes à la Révolution sous les noms de Vaux-en-Arrouaise et Andigny-les-Fermes, fusionnent par ordonnance royale du 2 juin 1819 pour former Vaux-Andigny, le chef-lieu restant à Vaux.

Occupée par les troupes allemandes dès août 1914, la commune, proche de la Selle, connaît de violents combats lors de l’offensive alliée des Cent-Jours : le village est repris le 11 octobre 1918 par des éléments de la 30e division américaine, appuyés par des unités britanniques, dans les opérations préliminaires à la bataille de la Selle.

Patrimoine

Un cimetière militaire britannique, établi après la Première Guerre mondiale, commémore les soldats du Commonwealth tombés lors des combats d’octobre 1918.

Sources

Melleville, Dictionnaire historique, généalogique et géographique du département de l’Aisne (1865) ; Matton, Dictionnaire topographique de l’Aisne.

Illustration photo CC BY-SA 3.0