Présentation

La Vallée-au-Blé, sur le plateau de la Thiérache axonaise, n’existe comme commune indépendante que depuis 1829 : jusque-là, son territoire était partagé entre trois paroisses voisines, Haution, Lemé et Voulpaix.

Étymologie

Le nom apparaît sous les formes Vallée-le-Bled (1573, terrier de Voulpaix) et Valée-au-Bled (1628). Le mot « bled », ancienne forme de « blé », désignait alors l’ensemble des céréales cultivées.

Géographie

Le village, situé à 10 km à l’ouest de Vervins, occupe un plateau, entre 164 et 186 mètres d’altitude, sur un territoire de 5,17 km² sans cours d’eau majeur, drainé par un petit ruisseau.

Histoire

Seigneurie vassale de Marle sous l’Ancien Régime, La Vallée-au-Blé constituait une paroisse rattachée à l’intendance, au bailliage et au diocèse de Laon. À la Révolution, son territoire est démembré entre les communes voisines de Haution — qui prend un temps le nom d’Haution-et-la-Vallée-aux-Bleds —, Voulpaix et Lemé. Les habitants, mécontents, réclament une commune indépendante : un arrêté du Directoire du département, le 19 février 1791, se prononce favorablement, sans être suivi d’effet. Il faut attendre une ordonnance royale de Charles X, le 15 juillet 1829, pour que la commune soit érigée par démembrement des territoires de Haution, Voulpaix et Lemé. Le nom actuel, La Vallée-au-Blé, ne remplace celui de La Vallée-aux-Bleds qu’en juin 1961, par arrêté préfectoral.

Le village est occupé par les Prussiens dès septembre 1870, jusqu’à leur départ en mai 1871. Le 28 août 1914, moins d’un mois après la déclaration de guerre, il est occupé par les troupes allemandes à la suite de la défaite française à la bataille de Guise ; resté loin du front, stabilisé à environ 150 km à l’est vers Péronne, il vit sous réquisitions et travaux forcés jusqu’à sa libération par les troupes françaises début novembre 1918. Dix-neuf soldats du village, morts pour la France, sont inscrits au monument aux morts.

L’église paroissiale, dédiée à saint Michel, est édifiée entre 1855 et 1885 par l’abbé Rochard. Incendiée à la fin du XIXe siècle, elle est reconstruite en 1918. Occupé dès la mi-mai 1940 par l’avancée rapide des troupes allemandes, le village voit, dans la nuit du 17 au 18 mai, l’avion du colonel Jean Dagnaux et de ses compagnons, abattu par la Flak allemande, s’écraser en flammes en son centre et détruire à nouveau l’église. Celle-ci est reconstruite à son emplacement actuel en 1957, sans le transept de l’édifice antérieur. Le village est libéré le 1er septembre 1944.

Desservie dès 1912 par une gare commune avec Lemé, sur la ligne de Romery à Liart — la rue du Tortillard en garde le nom —, la commune voit son trafic ferroviaire cesser en 1951. Occupée par les Prussiens dès septembre 1870, elle connaît également l’occupation allemande des deux guerres mondiales.

Patrimoine

L’église Saint-Michel actuelle, reconstruite en 1957 sur l’emplacement des édifices précédents, se distingue de son état antérieur par l’absence de transept.

Sources

Matton, Dictionnaire topographique de l’Aisne ; Wikipédia, article « La Vallée-au-Blé » (consulté juillet 2026).

Illustration photo René Hourdry