Présentation
Tupigny, village de l’ancienne Thiérache bâti sur le Noirieu, doit son relief historique à une lignée seigneuriale bien attestée depuis le XIIe siècle et à un prieuré aujourd’hui disparu.
Étymologie
Les formes anciennes se succèdent : Tupegies (1145) et Tuvegies (1169, cartulaire de l’abbaye de Saint-Michel), Tuppigni (1148, cartulaire de Saint-Martin de Laon), Tupegny (1155, cartulaire de Saint-Quentin-en-l’Isle), Tupigni (1256), Tupegni (1270), Tupeigny (1312), Tupigniacum (XIVe s., cartulaire du chapitre cathédral de Reims), Thupigny (1446), Thuppigny (1568), Tuppigny (1629).
Géographie
Le village est situé sur le Noirrieu, à 50 km au nord de Laon et 35 km à l’ouest de Vervins ; son territoire couvre 12,84 km², entre 95 et 178 mètres d’altitude, il est drainé par le canal de la Sambre à l’Oise.
Histoire
Comté vassal de Guise, Tupigny relevait, sous l’Ancien Régime, de la généralité de Soissons, du bailliage et de l’élection de Guise, et du diocèse de Laon.
La lignée des seigneurs de Tupigny est bien documentée depuis la fin du XIIe siècle : Guy de Tupigny, chevalier et capitaine de Guise, en 1186 ; puis, par la branche de Bazoches, Jean de Bazoches (1211-1214) ; Alexandre de Tupigny (1235) ; Gérard de Tupigny (1244) ; Gautier, sire de Tupigny (1249-1269) ; son fils Gautier II (à partir de 1280), qui hérite aussi la dame d’Iron par son mariage. Ce Gautier II — appelé Vauthier dans d’autres actes — figure comme arbitre en 1280 dans un différend opposant l’abbaye de Bucilly à un écuyer nommé Hazard de Stenay, aux côtés de Jehan de Proisy et de Nicaise de Rochefort. La lignée se poursuit avec Godefroi de Tupigny (1308), Gautier III, sire de Tupigny, d’Iron et de Saint-Martin-Rivière (1312), Jean (1319-1346), Jean II (1343), Daniel (1352), puis Renaud, seigneur de Honnecourt et de Tupigny (1372). Le dernier Tupigny attesté, Jean, sire dudit lieu, apparaît en 1567.
La seigneurie passe ensuite au comte de Sanzay vers 1625, puis au marquis de Soyecourt en 1660 — également seigneur de Saint-Martin —, et en dernier lieu au comte Auguste de La Marck.
Tupigny possédait autrefois un prieuré dit de Sainte-Croix. Selon Melleville, il dépendait de l’abbaye de Marmoutiers ; selon Matton, plus précisément, de celui de Coincy — deux indications qui pourraient se concilier si le prieuré de Coincy était lui-même rattaché à Marmoutiers, point qui resterait à vérifier.
Au XXe siècle, la commune, comme nombre de villages de Thiérache, subit d’importantes destructions durant la Première Guerre mondiale ; elle est décorée de la croix de guerre 1914-1918 par décret du 2 avril 1922.
Sources
Melleville, Dictionnaire historique, généalogique et géographique du département de l’Aisne (1865) ; Matton, Dictionnaire topographique de l’Aisne.