Présentation
Saint-Pierre-lès-Franqueville est un village de l’ancienne Thiérache, distant de quelque 1 200 mètres de Franqueville dont il porte le nom en complément. La paroisse est attestée dès 1144 dans le cartulaire de l’abbaye de Thenailles. Son église fortifiée du XVIe siècle, inscrite aux monuments historiques, conserve un portail roman en réemploi qui témoigne d’un édifice antérieur.
Étymologie
Le toponyme associe le patronage de saint Pierre à la proximité de Franqueville, signalée par la préposition « lès ». Matton relève Parochia de Sancto-Petro en 1144 dans le cartulaire de Thenailles, puis Saint-Pierre-deles-la-Frankeville et Sanctus-Petrus-juxta-Francovillam en 1270, Sainct-Pierre-les-Franqueville en 1512, Sainct-Pierre seul en 1599, et jusqu’à l’étonnant Saint-Pierre-les-Vervins en 1763, avant que la forme actuelle ne se fixe.
Géographie
Le village est implanté sur le ru de Laigny, affluent du Vilpion, à environ huit kilomètres à l’ouest de Vervins. Le relief, vallonné, s’étage entre 106 et 182 mètres d’altitude. Le paysage est celui d’une campagne ouverte, largement dominée par les terres labourables. Deux hameaux apparaissent sur la carte de Cassini : la Grande Cailleuse, mentionnée dès 1616, aujourd’hui réduite à une ferme, et la Petite Cailleuse, disparue, qui comptait encore une douzaine de maisons au cadastre de 1824.
Histoire
Sous l’Ancien Régime, la seigneurie relève de Marle. La paroisse appartient au diocèse de Laon, à l’intendance de Soissons et au bailliage de Laon. L’histoire du village est étroitement liée à celle de sa voisine Franqueville, ville franche médiévale dont le fort tombe aux mains de Jean de Luxembourg en 1423.
En 1777, Jean-Nicolas Loison, ouvrier papetier demeurant à la Grande Cailleuse, y construit un moulin à eau pour la fabrication du papier. Loison avait déjà établi une première papeterie à Franqueville en 1753 — les cours d’eau de la vallée alimentaient une activité papetière partagée entre les deux communes. La monographie communale de 1880, rédigée par l’instituteur M. Leroy, signale encore un moulin à farine et une scierie mécanique actionnés par le ru de Laigny.
Patrimoine
L’église fortifiée Saint-Pierre, construite au XVIe siècle, est un édifice entièrement en brique, caractéristique de la Thiérache. Son puissant clocher-porche de quatre étages, épaulé par de solides contreforts à retraits, rappelle celui de l’église de Vervins. Le portail ouest, en pierre, est un réemploi du XIIe siècle provenant vraisemblablement de l’église antérieure. La nef de trois travées compte trois vaisseaux séparés par des supports polygonaux portant des arcs en plein cintre. Un transept bas précède l’abside polygonale voûtée d’ogives, ornée à l’extérieur de motifs losangés en briques vitrifiées. Des meurtrières, percées à hauteur d’homme sur les murs de la nef et du chœur, témoignent d’une fonction défensive secondaire. L’église est inscrite aux monuments historiques depuis 1989.
Sources
- Matton, Dictionnaire topographique du département de l’Aisne
- Melleville, Dictionnaire historique du département de l’Aisne, 1865, t. I (article Franqueville)
- Sauvegarde de l’Art Français, notice église Saint-Pierre
- Base Mérimée, monument historique (inscrit 1989)
Illustration photo René Hourdry