Présentation
Sains-Richaumont est un bourg de l’ancienne Thiérache, bâti dans une plaine élevée à 35 kilomètres au nord de Laon et à 12 kilomètres à l’ouest de Vervins. Ancien chef-lieu de canton, le bourg relevait avant la Révolution de l’intendance de Soissons, du bailliage, de l’élection et du diocèse de Laon. Son patron est saint Louis. Le hameau de Richaumont, dont la seigneurie relevait de Guise, lui a été rattaché par décret du 17 décembre 1883. Sains fut le siège d’une lignée seigneuriale attestée dès 1120, dont plusieurs membres prirent la croix au XIIIe siècle.
Étymologie
Marie-Thérèse Morlet rattache le nom de Sains à un pluriel sanctos — « les saints ». Le Bulletin de la Commission historique du Nord et Morlet relèvent les formes anciennes : Sainz (1123), Sanctis (1138, cartulaire de l’abbaye de Saint-Michel), territorium de Sanz (1161), Seinz (1216), Sainct (1621).
Selon la tradition rapportée par Melleville, le nom devrait s’écrire Saints : trois corps de saints auraient été découverts sur l’emplacement du village en 555. Ces reliques seraient celles de saint Gentien, saint Victorice et saint Fuscien. Celles de saint Gentien furent conduites à Corbie, celles de saint Victorice à Saint-Quentin, et celles de saint Fuscien dans l’abbaye de ce nom, près d’Amiens. La nouvelle de cette découverte attira des pèlerins de toute part, qui élevèrent en ce lieu quelques cabanes donnant naissance au bourg actuel. Melleville note toutefois que cette tradition est aussi attribuée au village de Sains en Amiénois.
Quant à Richaumont, Matton relève les formes Richautmont (1541) et Richaulmont (1568, archives de la ville de Guise). Le nom serait formé du nom d’homme germanique Richer et du latin mons (mont).
Géographie
La commune s’étend sur 1 246 hectares, avec un relief ondulé dont l’altitude varie entre 96 et 159 mètres. Melleville mentionne, en 1760, 20 charrues et 406 arpents de bois. Les communes limitrophes sont Puisieux-et-Clanlieu, Colonfay, Lemé, Chevennes, Housset et Le Hérie-la-Viéville.
Histoire
Les seigneurs de Sains
Melleville livre une généalogie seigneuriale exceptionnellement détaillée. En 1120, Mathieu est seigneur de Sains. En 1160, René de Guise, seigneur de Sains, Flavigny-le-Grand et Étréaupont, épouse Sibille. Il fonde une chapelle dans l’église de Sains en 1199, au moment de sa mort. Son fils Godefroi, seigneur de Sains, se croise en 1202 et revient de Terre Sainte. René II, seigneur de Sains, d’Andigny et de Villers qu’il tenait en fief du roi, se croise contre les Albigeois en 1226.
En 1346, Gérard de Sains est gouverneur de Guise, suivi l’année suivante par Jacques de Sains. En 1452, la seigneurie passe à Philippe de La Viéville, puis en 1504 à Claude de Bossut, seigneur d’Ercri, baron de Sains. Les derniers seigneurs connus sont N. Foreau de Bois-Léger en 1760 et M. de Montaigle en 1789.
Sous l’Ancien Régime
Le bourg relevait de l’intendance de Soissons, du bailliage, de l’élection et du diocèse de Laon. La culture du lin s’y était établie en provenance du Saint-Quentinois, avec une apogée entre 1775 et 1789. Après la Révolution, la production locale s’oriente vers la laine, sous l’impulsion des tisserands de Reims.
Le canton de Sains
Le canton de Sains est créé le 18 février 1790, comprenant 16 communes avec Sains pour chef-lieu. Le hameau de Richaumont est rattaché à Sains par décret du 17 décembre 1883, signé du président Jules Grévy. Le premier tissage mécanique date de 1867. La commune a possédé une gare sur la ligne de chemin de fer de Laon au Cateau, en service de 1892 à 1972.
La Première Guerre mondiale
Le 24 août 1914, la bataille de Sains-Richaumont oppose la 20e division française à l’armée allemande. Après de lourdes pertes, l’armée française se replie et le village est occupé pendant toute la durée du conflit. Les habitants subissent réquisitions, travaux forcés et restrictions. Le village est libéré le 3 novembre 1918 par le 115e bataillon de chasseurs à pied. Le monument aux morts porte les noms de 61 soldats.
Patrimoine
L’église de Sains abrite une chapelle fondée en 1199 par René de Guise, seigneur du lieu, au moment de sa mort. Le monument aux morts témoigne du sacrifice de la commune lors de la Grande Guerre.
Sources
Melleville, Dictionnaire historique du département de l’Aisne, 1865, tome II.
Matton, Dictionnaire topographique du département de l’Aisne (Gallica, BnF).
Morlet (Marie-Thérèse), La Toponymie de la Thiérache (Persée).
Carte de Cassini, XVIIIe siècle.
Illustration photo René Hourdry