Présentation

Proix est un petit village de l’ancienne Thiérache, situé sur la rive gauche de l’Oise, à 55 kilomètres au nord de Laon et à 10 kilomètres à l’ouest de Vervins. Relevant autrefois des bailliage et élection de Guise, du diocèse de Laon, le village occupe un site en hauteur — le Mont-de-Proix — où des ateliers préhistoriques ont été identifiés dès 1929 (Bulletin de la Société préhistorique française). Son sous-sol de pierre blanche, exploité en carrières dès le XIIe siècle, donne au village son identité et probablement son nom. Son patron est saint Loup.

Étymologie

Morlet fait dériver le toponyme Proix d’un Petretum — « lieu abondant en pierres » —, formé sur le latin petra. Le nom médiéval Perroit (1168) conserve clairement cette racine, avant d’évoluer vers Perroi, Proy, puis Proix. La présence de carrières de pierre blanche dès le XIIe siècle conforte cette étymologie. Melleville propose une piste alternative : proix serait un vieux mot français signifiant « pieu, palissade », ce qui évoquerait une petite fortification primitive.

Géographie

Le village occupe un site en hauteur sur la rive gauche de l’Oise, dans un paysage de cultures et de prairies. En 1760, la paroisse comptait 100 arpents de terres labourables, 15 de prés et 30 de bois — un terroir modeste, typique des petits villages thiérachiens. Le sous-sol, riche en pierre blanche, a fait de Proix un lieu d’extraction dès le Moyen Âge.

Histoire

Les seigneurs de Proix

La seigneurie de Proix apparaît dans les sources dès 1168, avec Mathieu, chevalier de Petroit, dont la femme se nomme Coste et le fils Raoul. Un frère de Mathieu, Eudes, est également mentionné. En 1267, un Jean, chevalier, est seigneur de Le Hérie et Perroit.

En 1585, c’est Jean de Roye, chevalier, qui détient Proix et Le Hérie. Vers 1600, la seigneurie passe à Nicolas de La Fons, écuyer et lieutenant civil de Saint-Quentin, époux de Claude Gagnebien. Vers 1660, un certain de Vrevine, originaire du Limousin, acquiert Proix avec Leschelles. En dernier lieu, avant la Révolution, le domaine appartenait à la famille d’Y (Melleville).

Les carrières de pierre blanche

Morlet et Melleville s’accordent sur un fait remarquable : dès le XIIe siècle, on exploitait à Proix des carrières de pierre blanche. Cette activité, liée au sous-sol calcaire du site, a probablement alimenté les chantiers de construction de la région — églises, fermes fortifiées et bâtiments civils de Thiérache. Le toponyme même du village porte la mémoire de cette pierre.

Démographie

Petit village, Proix a connu un modeste pic démographique au XIXe siècle : 226 habitants en 1700 (41 feux), 341 en 1836, puis un déclin à 318 en 1856. La commune reste aujourd’hui l’un des plus petits villages du canton de Guise.

La Grande Guerre

Les Livres d’Or de la guerre 1914-1918 recensent sept enfants de Proix morts pour la France. Leurs noms sont inscrits au monument aux morts du village.

Patrimoine

L’église du village est dédiée à saint Loup. Melleville ne signale aucun vestige de fortification médiévale, mais évoque la possibilité d’une « petite forteresse établie originairement dans ce lieu », en lien avec l’étymologie du nom. Le patrimoine de Proix est avant tout géologique : ses carrières de pierre blanche, exploitées depuis le XIIe siècle, constituent le trait distinctif du village.

Sources

« Dès le 12e siècle, on exploitait des carrières de pierre blanche à Proix. » — Melleville, Dictionnaire historique du département de l’Aisne, 1865

Illustration photo René Hourdry