Présentation

Prisces est un village de l’ancienne Thiérache, situé sur la rive de la Brune, à 55 kilomètres au nord-est de Laon et à 10 kilomètres au sud de Vervins. Relevant du comté de Marle au Moyen Âge, le village est surtout connu pour son église fortifiée Saint-Médard, dont le donjon de briques rouges est le plus haut de toutes les églises fortifiées de Thiérache. Son patron est saint Médard.

Étymologie

L’étymologie de Prisces reste incertaine. Les formes anciennes — Prices, Priches, Prisses — n’autorisent pas de conclusion ferme. Le toponyme a parfois été rapproché de l’ancien roman priche (friche), mais cette hypothèse ne fait pas consensus.

Géographie

Le territoire de Prisces couvre 6,63 km², dans un paysage de vallons bocagers traversé par la Brune. L’altitude varie de 95 à 172 mètres, offrant un relief ondulé caractéristique de la Thiérache intérieure. Le village est voisin de Gronard — dont le nom apparaît associé à Prisces dans la forme Prices-les-Gronnart de 1527.

Attention à ne pas confondre Prisces (Aisne) avec Prisches (Nord, 59), village de l’Avesnois dont la célèbre charte-loi de 1158 servit de modèle à de nombreuses seigneuries du Hainaut.

Histoire

Une terre du comté de Marle

La première mention connue de Prisces date de 1166, dans le cartulaire de l’abbaye de Thenailles, où il est question du moulin de Prices. Le domaine fait partie du comté de Marle et relève, aux XVIIe et XVIIIe siècles, de la châtellenie de Voulpaix (bailliage de Voulpaix). En 1239, Guillaume de St Audemer est mentionné comme seigneur de Prisces (Melleville).

Le 5 novembre 1602, le domaine de Prisces est aliéné par les commissaires du roi Henri IV — une mesure fréquente sous ce règne pour renflouer les caisses de l’État après les guerres de Religion. Le village possédait une maladrerie, unie à l’Hôtel-Dieu de Vervins par lettres patentes de novembre 1696.

L’église fortifiée Saint-Médard — la plus haute de Thiérache

L’église primitive de Prisces remonte au XIIe siècle, époque de la grande vague d’évangélisation des forêts de Thiérache portée par les Prémontrés. La nef et le chœur conservent des éléments romans — fenêtres et modillons sculptés — qui témoignent de cette première construction.

Le donjon, en briques rouges, a été érigé plus tardivement, probablement au début du XVIIe siècle, peu après la paix de Vervins (1598). Haut de vingt-cinq mètres, flanqué de deux tours circulaires, c’est le plus haut donjon d’église fortifiée de Thiérache. Ses trois niveaux supérieurs (sept mètres sur sept) pouvaient accueillir une centaine de combattants. La tour de gauche abritait les postes de combat sur quatre étages ; celle de droite contenait l’escalier d’accès. Des meurtrières percent la brique sur toutes les faces.

L’architecture du donjon de Prisces présente des similitudes frappantes avec celui de l’église Saint-Corneille-et-Saint-Cyprien d’Hary, située à quelques kilomètres — au point que les deux édifices sont parfois qualifiés d’« églises jumelles ». L’intervention d’un même maître briquetier ou d’un architecte itinérant est une hypothèse plausible, mais les archives n’ont pas encore tranché.

Patrimoine

Outre l’église fortifiée, Prisces conserve un lavoir encore alimenté, des fermes en briques dont certaines remontent au début du XIXe siècle, et des pigeonniers. Le village s’organise autour de la place de la mairie et de l’église, dans un plan resserré typique des villages-rues de Thiérache.

Sources

« Molendinum de Prices, 1166 (cart. de l’abb. de Thenailles, f° 15). » — Matton, Dictionnaire topographique du département de l’Aisne