Présentation
Monceau-sur-Oise domine la vallée de l’Oise depuis un léger promontoire, à six kilomètres à l’est de Guise. Village de Thiérache lié dès le XIIe siècle aux grandes abbayes de la région, il fut en 1896 l’une des premières communes de l’Aisne à disposer d’un éclairage public électrique. Son église fortifiée Sainte-Catherine, aux deux tours à meurtrières du XVIe siècle, est l’un des exemples les plus remarquables de l’architecture défensive thiérachienne. Sa patronne est sainte Catherine.
Étymologie
Selon Marie-Thérèse Morlet, Monceau dérive du latin monticellus — le petit mont — désignant simplement l’éminence sur laquelle fut fondé le village, dominant la vallée de l’Oise.
Histoire
Une terre d’abbayes (XIIe–XVIIe siècle)
Dès 1123, une bulle du pape Calixte II confirma les possessions de l’abbaye Saint-Remi de Reims à Monceau — une ferme importante et de vastes terres. L’abbaye du Val-Saint-Pierre (chartreuse de Vervins) y possédait également des biens. En 1614, Robert de Proisy, seigneur de Monceau, lui vendit un domaine de 84 hectares pour 1 800 livres. Le chemin dit des Fermes de Saint-Remi, à l’entrée du village, perpétue ce souvenir.
Pionnière de l’électricité (1896)
En 1896, Monceau-sur-Oise devint l’une des premières communes de l’Aisne — et peut-être de France — à disposer d’un éclairage public électrique, grâce à sa propre micro-centrale électrique sur l’Oise. À une époque où la plupart des villages vivaient encore à la lampe à pétrole, cette innovation précoce fit la renommée du village.
28 août 1914 — combat retardateur
Le 28 août 1914, le 267e régiment d’infanterie français livra à Monceau un combat retardateur face à l’avancée allemande, permettant le repli des divisions françaises qui purent contre-attaquer le lendemain. Le village demeura ensuite sous occupation allemande jusqu’au 5 novembre 1918. La commune reçut la Croix de guerre 1914–1918.
Patrimoine
Église fortifiée Sainte-Catherine — deux tours à meurtrières
L’église Sainte-Catherine, en briques sur fondations de grès, est flanquée de deux hautes tours carrées à meurtrières du XVIe siècle encadrant un portail massif. Une troisième tour, à l’arrière du chœur, fut détruite pendant la Première Guerre mondiale. Le chœur avait été restauré en 1671. Fermée depuis 2023 pour des raisons de sécurité, elle fait l’objet de toutes les inquiétudes des Moncéens.
Illustration photo René Hourdry