Présentation

Beugnies est un village du Hainaut français, au cœur du Parc naturel régional de l’Avesnois, à 8 kilomètres d’Avesnes-sur-Helpe. Village ancien attesté dès le XIIe siècle, ancienne dépendance de l’abbaye de Liessies, il fut longtemps réputé pour sa production de poterie — au point de porter le nom de Bugnies-le-Pottrie dès le XVIe siècle. La commune comptait 599 habitants en 2023.

Étymologie

Le nom de Beugnies est attesté dès le XIIe siècle. Les formes médiévales, issues des cartulaires des abbayes de Liessies, Aulne et Hautmont, montrent une évolution régulière.

Géographie

La commune est traversée par la Tarsy (15 km), qui prend sa source à Beugnies et rejoint la Sambre canalisée à Leval. Le territoire (environ 882 hectares) associe terres labourables, prairies et forêts — dont plus de la moitié en bois au XIXe siècle. Le bois de la Taquennerie, à proximité du village, est le prolongement est-sud-est de la Haie d’Avesnes, vestige des grandes forêts médiévales du Hainaut.

Histoire

L’abbaye de Liessies et les abbayes voisines

Sur le plan féodal, Beugnies a toujours dépendu d’Avesnes. En 1103, l’évêque de Cambrai donne le village à l’abbaye de Liessies, dont l’autel est officiellement attribué cette même année. Les abbayes d’Hautmont et d’Aulne y possédaient également quelques biens.

Bugnies-le-Pottrie — une tradition céramique

Dès le XVIe siècle, Beugnies devient un centre de fabrication de poterie et adopte le nom de Bugnies-le-Pottrie. Cette activité artisanale, qui s’appuie sur les ressources argileuses du sous-sol local, se poursuit jusqu’au XXe siècle, faisant de Beugnies l’une des rares communes de l’Avesnois à avoir eu une vocation céramique durable.

Napoléon traverse Beugnies (1815)

Le 14 juin 1815, Napoléon et la Grande Armée traversent Beugnies en route vers Waterloo — épisode marquant pour la mémoire locale d’un village ordinairement à l’écart des grands axes.

La Première Guerre mondiale

Les Allemands arrivent dans le village le mardi 25 août 1914 au soir. Beugnies reste en zone occupée jusqu’en novembre 1918.

Le bois de la Taquennerie — septembre 1944

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le 1er septembre 1944, des résistants d’Avesnes-sur-Helpe se réfugient dans le bois de la Taquennerie. En représailles, les Allemands fusillent des otages civils. Une inscription commémorative à l’entrée du bois rappelle ce drame. La commune est libérée le 2 septembre 1944 ; une stèle commémore cet événement.

Claude Simon et La Route des Flandres

Beugnies entre dans la littérature par le roman de Claude Simon (La Route des Flandres, 1960) : le 17 mai 1940, à la sortie ouest du village, une embuscade contre un petit groupe de cavaliers du 31e régiment de dragons — dont Simon faisait partie — est racontée dans l’œuvre du futur Prix Nobel de littérature.

Patrimoine

Église Saint-Martin

L’église Saint-Martin actuelle date de 1879. Elle conserve un impressionnant retable du XVIIIe siècle provenant de l’abbaye de Crespin, restauré en 2022 avec des techniques d’époque. Son panneau central est orné d’une Ascension réalisée en 2018 par l’artiste Hugo Laruelle.

Kiosque à musique

Un kiosque à musique en balcon, de type kiosque à danser, orne le village.

Chapelles

Deux chapelles complètent le patrimoine religieux : la chapelle Notre-Dame-de-Walcourt et la chapelle Notre-Dame-de-Lourdes.

Bois de la Taquennerie

Ce bois, prolongement de la Haie d’Avesnes, porte une inscription commémorative rappelant les fusillades d’otages du 1er septembre 1944.

Héraldique

Le blason de Beugnies : « De gueules à trois pals de vair, au chef d’or. » Le statut officiel reste à déterminer.

Pour aller plus loin

  • Wikipedia — Beugnies
  • Claude Simon — La Route des Flandres (1960) — Prix Nobel de littérature 1985
  • Parc naturel régional de l’Avesnois