Présentation

Bas-Lieu est une commune rurale de l’Avesnois, ancienne banlieue basse d’Avesnes-sur-Helpe, dont l’histoire est étroitement liée à celle de la ville voisine. Avant la Révolution, elle était désignée sous le nom de Banlieue Basse d’Avesnes. Commune singulière, elle ne possède ni église ni cimetière propres — particularité rare dans la région — et dépend spirituellement d’Avesnes-sur-Helpe.

La commune comptait 348 habitants en 2023. Elle est située dans le Parc naturel régional de l’Avesnois, traversée par l’Helpe Majeure et plusieurs ruisseaux.

Étymologie

Le nom de Bas-Lieu décrit simplement la position topographique du village — le lieu bas, en contrebas d’Avesnes-sur-Helpe, bâtie sur son éperon rocheux. La désignation ancienne de Banlieue Basse d’Avesnes confirme ce lien de dépendance géographique et administrative.

Géographie

Bas-Lieu est traversé par l’Helpe Majeure et le ruisseau de Bas-Lieu. Le territoire, riche en prairies et en bois, présente un paysage de bocage dense et de vallons doux typique de l’Avesnois. Jusqu’au XVIIIe siècle, une grande partie du territoire était recouverte par la Haie d’Avesnes, vaste forêt mentionnée dès le Moyen Âge.

Histoire

Des origines gallo-romaines

Le territoire de Bas-Lieu a livré des témoignages d’une occupation ancienne : tuiles romaines, fondations d’édifices et un tombeau gallo-romain mis au jour en 1805. La première mention d’un lieu habité remonte à 1200, avec le hameau de Guerzignies (alors Gresignies), cité dans une charte du seigneur d’Avesnes. On y cultivait même la vigne au XVIe siècle, fait rare dans l’Avesnois.

La bataille de Wattignies (1793)

Bas-Lieu occupe une position stratégique entre Avesnes et Maubeuge. Au lieu-dit Les Trois Pavés, la Cense à Longe servit de quartier général au général Jourdan et à Lazare Carnot lors de la bataille de Wattignies (octobre 1793), épisode majeur des guerres révolutionnaires contre l’Autriche.

Le domaine de la Jonquière

L’une des plus importantes exploitations de la commune fut La Jonquière, domaine doté d’un château-manoir du XVIIIe siècle. Les familles aristocratiques et de la haute bourgeoisie d’Avesnes, séparées de l’église, se faisaient enterrer dans le cimetière privé de ce domaine. L’ensemble des monuments funéraires de la Jonquière a été transporté à l’Institut Villien à Avesnes-sur-Helpe. Le domaine fut gravement endommagé durant la Seconde Guerre mondiale.

Patrimoine

Chapelles et oratoires

En l’absence d’église paroissiale, Bas-Lieu conserve plusieurs chapelles-oratoires témoignant d’une religiosité populaire forte :

  • Notre-Dame-des-Affligés (1765)
  • Notre-Dame-du-Bois
  • Saint-Liénard (1696)
  • Saint-Antoine-de-Padoue (1717)

Ces petits édifices étaient autrefois enrichis de nombreux ex-voto déposés par les habitants.

Tombeau gallo-romain

La découverte en 1805 d’un tombeau gallo-romain sur le territoire communal, avec tuiles et fondations, constitue le témoignage archéologique le plus ancien de l’occupation humaine à Bas-Lieu.

Pour aller plus loin

  • Wikipedia — Bas-Lieu
  • Institut Villien, Avesnes-sur-Helpe — monuments funéraires de la Jonquière
  • Parc naturel régional de l’Avesnois

Illustration photo: Guillaume Louÿs-Jupiter