Présentation

Barzy-en-Thiérache est un village de l’ancienne Thiérache, situé dans un petit vallon sur la rive droite d’un ruisseau, à 65 kilomètres au nord de Laon et à 35 kilomètres au nord-ouest de Vervins. La commune, dont le nom fut officiellement complété en 1956 par l’adjonction de « -en-Thiérache », comptait 316 habitants en 2023. Elle dépend du canton du Nouvion-en-Thiérache.

Sa situation géographique est singulière : le ruisseau de Robissieu (ou Robiseul), qui traverse le village, constituait autrefois la frontière entre la France et le Saint-Empire romain germanique. Le village était ainsi coupé en deux — la rive gauche française, la rive droite flamande relevant du Hainaut.

Étymologie

Selon Marie-Thérèse Morlet, Barzy dérive de Barisiacum, formé sur le gentilice Barisius, diminutif de Barius — nom d’homme d’origine gauloise selon Holder. Le suffixe -acum désigne le domaine de ce personnage.

Wikipedia mentionne deux hypothèses complémentaires : une dérivation de Baisisbaisse (lieu de voisinage) ; ou de Barribarrière, évoquant la position frontalière du village sur la Sambre. Ces interprétations populaires ne contredisent pas l’étymologie de Morlet mais témoignent de la conscience historique des habitants quant au rôle de frontière du village.

Géographie

Barzy est bâti sur les rives du ruisseau de Robissieu — appelé à tort aujourd’hui « ruisseau de Sambre » ou « ruisseau de France ». Ce cours d’eau, qui prend sa source dans la Haye-Équiverlesse, passe à Barzy et à Bergues avant de se jeter dans le Noirieu au-dessous d’Oizy. Au XIIIe siècle, il formait la séparation entre l’Empire et le royaume de France, et marquait également la limite du diocèse de Laon.

La terre de Barzy relevait du duché de Guise. La partie nord du village dépendait de l’intendance de Landrecies (Hainaut) ; la partie sud de l’intendance de Laon et de la seigneurie de Lesquielles (Thiérache-Picardie). Les dépendances de la commune incluent les hameaux de la Carrière-Étreux, Lalouzy-Hainaut, Lhorty, la Haie, Longpré et Monidée.

Histoire

Un village-frontière

La position de Barzy sur la frontière entre la France et les Pays-Bas en a fait un lieu stratégique pendant des siècles. La terre de Barzy fut longtemps en la possession des seigneurs du Nouvion-en-Thiérache. Vers 1660, Jean de Sons était seigneur de Barzy. En 1196, Barzy fut établi en une seule commune avec Le Nouvion, Bergues et d’autres villages.

L’invasion autrichienne de 1794

Dès le 29 germinal an II (18 avril 1794), l’armée autrichienne envahit le village. Les registres d’état civil de la commune conservent les noms des victimes : Denis Joseph Lefebvre, Thomas Roch Blanchart, Joseph Alexandre Lecher, Jacques Rabonneau, Louis Alexandre Lefebvre, Denis Lefebvre (enfant mineur) et Denis Joseph Duchêne — morts entre le 18 avril et le 3 mai 1794.

La Grande Guerre — libération du 6 novembre 1918

Le 5 novembre 1918, l’avancée des troupes françaises et anglaises est stoppée dans un bain de sang à 500 mètres du village, causant la mort de 25 soldats et 2 civils. Le 6 novembre à 5h30 du matin, après un violent bombardement français, le 73e régiment d’infanterie et le 59e tirailleurs algériens libèrent la commune et près d’un millier d’habitants et réfugiés. Pour ces faits, Barzy est décoré de la Croix de guerre 1914–1918.

« Le ruisseau de Robissieu sur lequel est bâti le village de Barzy, formant autrefois la séparation de la France et des Pays-Bas, la moitié de ce village située sur la rive gauche de ce ruisseau était française, et l’autre sur la rive droite était flamande. » — Melleville, Dictionnaire historique du département de l’Aisne

Patrimoine

Église Notre-Dame-de-l’Assomption

L’église Notre-Dame-de-l’Assomption est l’édifice religieux principal de la commune, dont la patronne est la Vierge.

Chapelles en pierre bleue

Barzy possède plusieurs chapelles en pierre bleue ainsi que des fontaines, témoins de la tradition dévotionnelle locale. Parmi elles, une chapelle au bord de la Sambre et une chapelle-niche au lieu-dit Pas-de-Vache.

Oratoires

L’oratoire Vierge de l’Assomption, érigé en 1724 par des paroissiens nommés Courbe et Chimot, et l’oratoire Sainte-Marie (1989) complètent le patrimoine religieux dispersé dans le bourg et ses hameaux.

Monument aux morts

Le monument aux morts, œuvre du marbrier Coulon du Nouvion-en-Thiérache (1920–1921), mentionne expressément, en plus des victimes du village, la participation des tirailleurs algériens tombés pour libérer la commune — geste de mémoire rare et remarquable. Un second monument au cimetière recense trois noms supplémentaires, objet d’un désaccord jamais résolu.

Fermes en grès

Le village conserve des fermes à l’architecture de grès, typiques de la Thiérache septentrionale, avec leur positionnement caractéristique.

Personnalités liées à la commune

Honoré Magloire Lebeau dit « Magloire » (1775–1835), né et décédé à Barzy. Capitaine de la garde impériale, il participa aux guerres de la Révolution jusqu’à Waterloo. Officier de la Légion d’honneur, il fut maire de Barzy de 1818 à 1835.

Sources historiques

« Barzy << Barisiacum, formé sur le gentilice Barisius, diminutif de Barius. » — Marie-Thérèse Morlet, La Toponymie de la Thiérache, 1953–1955
« BARZY, Barisis en 1290. — Village de l’ancienne Thiérache, situé dans un petit vallon sur la rive droite d’un ruisseau, à 65 k. au nord de Laon et 35 au N.-O. de Vervins. — Patronne, la Vierge. » — Melleville, Dictionnaire historique du département de l’Aisne

Pour aller plus loin

  • Marie-Thérèse Morlet — La Toponymie de la Thiérache, Revue Internationale d’Onomastique, vol. 5–7, 1953–1955
  • Melleville — Dictionnaire historique du département de l’Aisne
  • Wikipedia — Barzy-en-Thiérache