Présentation

Trélon est un bourg de l’ancien Avesnois, siège d’un marquisat qui comprenait sept villages. Sa forteresse, bâtie en 1150 par Nicolas d’Avesnes sur une terre léguée dès 661 par sainte Aldegonde à son monastère de Maubeuge, commande un vaste territoire forestier — la Fagne de Trélon, 3 300 hectares de forêt mentionnés dès un diplôme de Dagobert Ier. Position frontalière, château convoité, industries du verre et du fer : l’histoire de Trélon se lit à travers ses destructions successives et ses renaissances.

Étymologie

Les formes anciennes se succèdent : Trélon en 1152 (cartulaire de Liessies), Treslong en 1201 (donation du comte Bauduin), Trelons en 1349 (pouillé de Cambrai), Trellon en 1361 (partage des fils de Louis Ier de Châtillon). Les formes latines Telonioe Castellum (Adrien de Valois) et Terluinum sont attestées dans des titres plus tardifs.

Géographie

Le bourg est situé dans le sud-est du département du Nord, traversé par l’Helpe Mineure. Le territoire communal, l’un des plus vastes du département avec 3 919 hectares, est dominé par la Fagne de Trélon. Le relief s’étage entre 170 et 251 mètres d’altitude. En 1186, Trélon formait une paroisse du décanat d’Avesnes, à la collation de l’abbaye de Liessies.

Histoire

Au XIe siècle, la terre de Trélon fait partie des domaines des seigneurs d’Avesnes. En 1150, Nicolas d’Avesnes, dit Plukel, y bâtit une forteresse entourée de remparts flanqués de grosses tours, avec ponts-levis et larges fossés. En 1298, Hugues Ier de Châtillon y fonde une chapelle.

La seigneurie passe des Châtillon aux Blois en 1381, lorsque Jean II de Châtillon la donne à son fils naturel. Au XVIe siècle, à la mort de Louis de Blois sans héritier direct, elle échoit en 1577 à sa sœur Louise, épouse de Louis de Mérode. En 1625, Philippe IV d’Espagne érige la terre en marquisat pour Hermann-Philippe de Mérode. Le marquisat englobe Trélon, Ohain, Eppe-Sauvage, Willies, Wallers, Baives et Moustier.

Le château est assiégé, pris et relevé sans cesse. En 1478, le seigneur de Mérode doit se rendre à Jean de Luxembourg. François Ier s’en empare en 1543 ; Henri II le prend et le rase en 1552. Reconstruit, il est encore pris en 1637 par La Ferté-Imbault lors de la campagne française en Avesnois. Le 6 février 1651, le général Rose ravage le village pendant la Fronde. Ce n’est qu’en 1678, par le traité de Nimègue, que Trélon est définitivement rattachée à la France. La famille de Mérode fait alors reconstruire le château en résidence, par étapes entre 1699 et 1751.

Patrimoine

L’église paroissiale, dont le chœur est reconstruit entre 1563 et 1578, est complétée d’une nef au XVIIIe siècle et d’un clocher-porche en 1825. Le couvent des Carmes, fondé au XVIIe siècle par Philippe de Mérode, et un couvent de Dominicains témoignent du passé religieux du bourg. La chapelle Sainte-Hiltrude est classée monument historique.

L’industrie verrière marque le XIXe siècle : une verrerie « blanche » produit du cristal, un temps sous la marque Baccarat, tandis qu’une verrerie « noire » fabrique flacons et bouteilles jusqu’en 1977. L’Atelier-Musée du Verre perpétue aujourd’hui la mémoire de ce savoir-faire.

Sources

  • Desmasures, Histoire des communes du canton de Trélon, 1860
  • Bulletin de la Commission historique du département du Nord, 1866 (Gallica)
  • Annuaire statistique du département du Nord, 1838