Présentation
Larouillies est un village de l’Avesnois, situé sur la voie romaine Bavay–Reims, dont il tire son nom — la roulie, la chaussée des rouliers. Ancien hameau d’Étrœungt devenu commune au XVe siècle, il marqua longtemps la frontière entre les Pays-Bas espagnols et la France. Deux moments de l’histoire de France s’y jouèrent en 1631 et 1635. Sa patronne est la Vierge (Nativité).
Étymologie
Le nom de Larouillies vient de la roulie — la chaussée qu’empruntaient les rouliers, ces charretiers qui transportaient les marchandises sur de longues distances. Le village est effectivement sur la voie romaine Bavay–Reims, et ce point de passage est cité lors du traité de Verdun (843). La première mention du village date de 1152.
Histoire
Marie de Médicis en fuite (19 juillet 1631)
Le 19 juillet 1631, Marie de Médicis fuit la France à la suite de la Journée des Dupes et passe par Larouillies pour rejoindre les Pays-Bas espagnols dont le village fait alors partie. Un chemin garde encore le nom de Chemin de la Reine en souvenir de ce passage.
La dernière déclaration de guerre médiévale (21 mars 1635)
Le 21 mars 1635, les hérauts d’armes de France, revenant des Pays-Bas espagnols, affichent une déclaration de guerre sur un piquet devant l’église de Larouillies — dernier village ennemi sur leur chemin. La France entre ainsi dans la guerre de Trente Ans. C’est la dernière fois dans l’histoire que cette procédure médiévale de déclaration de guerre par héraut fut utilisée.
Village frontière
Longtemps, Larouillies marqua la frontière franco-espagnole. Avant 1789, il relevait du bailliage d’Avesnes, de la prévôté d’Étrœungt et était régi par la coutume du Vermandois. Il fut rattaché à la France lors des reconfigurations territoriales du XVIIe siècle.
Patrimoine
Église de la Nativité-de-Notre-Dame
L’église est une ancienne chapelle agrandie en 1768 par autorisation du décimateur, l’abbé Grégoire Dupire, prieur de l’abbaye de Liessies. Le chœur fut notablement agrandi et la tour et le clocher élevés à 25 mètres de hauteur.
Chapelle Sainte-Face (1812)
Une chapelle Sainte-Face date de 1812 — édifice de dévotion napoléonien rare.