Landouzy-la-Cour se situe dans une vaste plaine à une demi-douzaine de kilomètres au nord-ouest de Vervins. Sous l’Ancien Régime, il relevait de l’intendance de Soissons, des bailliage, élection et diocèse de Laon.
Toponymie
Le nom est attesté sous de nombreuses formes latines : Tumba de Landuzis en 1162, Territorium de Landozies en 1170, Landusis et Landuzies en 1179, Landozie Grangia en 1226 — la grange de l’abbaye de Foigny —, Landousies en 1239, Landousis en 1250. La forme Landouzis-la-Court apparaît en 1536. Une hypothèse fait dériver le nom d’un anthroponyme germanique, Landwald ou Landwic, suivi du suffixe -acum ; elle demeure à confirmer.
Histoire
Au début du XIIe siècle, le village appartenait à l’abbaye bénédictine de Fesmy, dans le Cambrésis. Les relations se dégradèrent après que les moines eurent refusé aux habitants une charte communale : le village fut alors déserté, ses habitants vendant leurs biens à l’abbaye cistercienne de Foigny, fondée en 1121 à La Bouteille et alors en pleine expansion — dès l’abbatiat de Gossuin (1131-1147), sa zone d’influence temporelle s’étendait déjà à Landouzy. Selon Melleville, la seigneurie appartenait en 1148 à un certain Gérard, qui en abandonna cette année-là le château et ses dépendances à Foigny en échange d’héritages situés sur le territoire de Vervins.
Foigny fit édifier une ferme sur le site — la Landozie Grangia de 1226 — qui relança le peuplement du village ; la paroisse ne put toutefois reprendre son titre qu’en 1592. Les seigneurs de Vervins, les sires de Coucy, avoués de l’abbaye de Foigny, furent aussi seigneurs de Landouzy-la-Cour aux XVe et XVIe siècles — armoirie que perpétue aujourd’hui le blason communal, dont le premier parti reprend les armes de Coucy.
Dès le début du XVIe siècle, l’abbaye de Foigny fit construire deux moulins à papier à Landouzy-la-Cour, qui s’ajoutaient à un moulin à blé, tous trois établis sur le ruisseau de Landouzy, affluent du Vilpion. En 1556, elle donna le grand moulin à bail de quatre-vingt-dix-neuf ans, moyennant une redevance annuelle de 40 livres, un chapon, deux poules, deux livres de cire, quatre sous au couvent et quatre rames de papier — témoignage concret de la proto-industrie papetière qui se développa dans le village aux XVIe et XVIIe siècles.
Une ancienne église fortifiée, connue par des documents d’archives et des photographies, fut démolie vers 1855 ; l’édifice actuel, dédié à Notre-Dame-de-l’Assomption, est une construction du XIXe siècle due à l’architecte Pudepièce. Le patronage ancien de la paroisse, antérieur à cette reconstruction, était saint Jean-Baptiste — dont l’agneau pascal figure toujours sur le blason communal.
Sources
Melleville, Dictionnaire historique du département de l’Aisne ; Matton, notice toponymique (cartulaires de Foigny et de Thenailles) ; Wikipédia (notice communale, église Notre-Dame-de-l’Assomption) ; Moulins de Thiérache ; L’Armorial des villes et villages de France ; Cassini (EHESS).