Présentation

Étreux est un bourg de l’ancienne Thiérache, établi sur les rives du canal de la Sambre à l’Oise, dans le vallon du Noirieu. Attesté dès 1114, son nom porte la trace d’un ancien cours d’eau. Ancienne dépendance d’Oisy, érigé en paroisse en 1267, seigneurie du duché de Guise, il connut des épisodes tragiques répétés — incendies, massacres — avant de devenir un bourg actif grâce au canal et au textile. Il compte aujourd’hui environ 1 450 habitants et est décoré de la Croix de guerre 1914–1918.

Étymologie

Selon Marie-Thérèse Morlet, Étreux dérive du germanique stroom : cours d’eau (cf. Gamillscheg R.G.I. 115), latinisé en stromus à la période mérovingienne. Ces toponymes désignent des stations routières au passage de cours d’eau. Morlet note la perte de la nasale dans l’évolution phonétique. Les homonymes confirment cette étymologie : Estreux (Nord), Estrun (Nord et Pas-de-Calais), Etroeungt (Nord), Etran (Seine-Maritime). Une voie romaine reliait Laon à Crécy, Guise et Étreux vers le Hainaut, traversant ce point de passage sur le Noirieu.

Géographie

Étreux est traversé par le canal de la Sambre à l’Oise, dont huit écluses gèrent la dénivellation du terrain, faisant du bourg un point stratégique de navigation. Des vestiges gaulois et gallo-romains ont été trouvés sur son territoire.

Histoire

Des origines médiévales

Étreux fut d’abord une dépendance d’Oisy. En 1267, l’évêque de Laon l’érige en paroisse autonome. La seigneurie est ensuite réunie au duché de Guise.

Les guerres franco-espagnoles (1650)

En 1650, le village est brûlé par les Espagnols lors des guerres franco-espagnoles qui ravagèrent la Thiérache.

Le massacre de 1794

En 1794, lors des guerres révolutionnaires, les troupes autrichiennes brûlent 336 maisons et massacrent près de 800 habitants — l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire d’Étreux et de toute la Thiérache.

Le hameau du Gard — massacre de 1944

Le 2 septembre 1944, 36 habitants sont massacrés au hameau du Gard par des troupes allemandes en retraite — tragique épilogue de l’occupation pour ce bourg déjà meurtri par les guerres.

Activités et patrimoine

Le textile et le canal

Aux XVIIIe–XIXe siècles, Étreux connaît une période de prospérité grâce aux mulquiniers (tisserands de lin et de coton) et à une filature de laine dirigée par Jules Moret. Le canal de la Sambre à l’Oise ouvre le bourg aux échanges régionaux. La poste, la gendarmerie et la première fanfare municipale s’y installent au XIXe siècle.