Présentation

Estrebay, village de la Thiérache ardennaise, regroupe le bourg et le hameau de Laval. Aux XIIIe et XIVe siècles, il relevait de la châtellenie de Girondelle, aux côtés de Foulzy, Éteignières, Champlin et Antheny.

Étymologie

Le nom du village est attesté sous la forme Parrochia de Estrebay en 1328. Il associerait deux racines : « Estre », de l’ancien français estreit, estrech (« resserré », apparenté au latin strictus), qui désignerait le passage resserré de la vallée ; et « Bay », racine gauloise ancienne renvoyant à l’eau ou à la rivière.

Géographie

Le territoire, d’environ 937 hectares, relevait de la coutume de Vitry et fournissait des pierres de taille et des moellons. D’anciens moulins, aujourd’hui disparus, ont laissé leur nom à des lieux-dits : le Moulin à Vent, le Moulin de la Hugue.

Histoire

Dans la mouvance de Girondelle

Entre 1230 et 1400, Estrebay appartient à la châtellenie de Girondelle, aux mains des seigneurs de Rumigny. L’hôpital de Rumigny, dépendant de l’ordre de Malte, y possède également des portions de dîmes, ainsi qu’à Laval, selon le cartulaire de l’ordre conservé aux Archives nationales sous le nom de Livre-Vert. En 1638, Estrebay fut incendié par les « Bourguignons » — terme employé par Meyrac pour désigner les troupes impériales et espagnoles dans la région.

Patrimoine

Église Notre-Dame

L’église s’ouvre par un portail remarquable. Le chœur a été élevé à la limite du XIIe et du XIIIe siècle, le clocher au XIVe siècle. Sa partie supérieure s’est effondrée en 1713 et fut reconstruite en bois ; un escalier en vis hors-œuvre, qui la desservait depuis le vestibule d’entrée, fut condamné dans les années 1920 après les dégâts subis pendant la Première Guerre mondiale, le clocher et son beffroi étant alors reconstruits sur une structure en béton armé. La nef actuelle date de 1869 : les travaux entraînèrent l’abattement d’un faux-plafond dans le chœur, dont les vestiges restent visibles dans les combles, et la reconstruction de voûtes semblables à celles de la nef pour unifier l’ensemble — au prix de la fermeture des baies du chœur sur ses trois faces, pour y placer des contreforts, avant le percement de nouvelles baies. En 1878, un contentieux oppose l’architecte Daumal à la commune, à la suite d’un déversement des murs de la nef et de fissures dans les voûtes. À l’intérieur, un christ en bois et des fonts baptismaux en pierre bleue de Givet, que la tradition locale fait remonter au XIVe siècle, comptent parmi les éléments les plus notables de l’édifice.

Le cromlech du Val-d’Estrebay

Au hameau du Val-d’Estrebay, on signalait encore, il y a un siècle, un groupe de pierres blanches disposées en cromlech, tenu pour une sépulture du premier âge du fer.

Louis d’Estrebay

Le village est le lieu de naissance de Jacques-Louis d’Estrebay (1481-1550), dit Jacobo Lodoico Strebæo ou Strebæus, penseur humaniste. Une plaque, apposée sur le mur de la mairie, salue en lui celui qui « éleva au rang de science l’art d’écrire et de s’exprimer avec clarté, précision et éloquence ».

Sources historiques

Revue internationale d’onomastique, vol. 5, 1953, p. 278 — Albert Meyrac, Géographie illustrée des Ardennes, 1900 — Inventaire général du patrimoine culturel, région Grand Est, dossier IA08001587 — article « Jacques-Louis d’Estrebay », Wikipédia.

Illustration photo Havang(nl)