Présentation
Village-clairière de la Fagne, à la lisière de la forêt de Thiérache, Beauwelz est l’un des « neuf villes du Sart de Chimay » — les villages dépendant directement de la seigneurie. Son nom dit l’essentiel : beau wez, le bel étang, aujourd’hui asséché. Au XVIe siècle, la verrerie du Surginet y attire la visite de Charles Quint et du futur Philippe II — un événement singulier pour un hameau de quinze foyers.
Étymologie
Beau wez — le bel étang, en ancien français picard. Le wez (vivier, étang) est un toponyme récurrent dans la Fagne : les viviers de Beauwelz et de Seloignes sont nommément cités dans l’acte de 1336 comme dépendances de la seigneurie de Chimay.
Géographie
Beauwelz est une section de la commune de Momignies (province de Hainaut), dans la « botte du Hainaut », à quelques centaines de mètres de la frontière française (Anor, Trélon). Le village est entouré de bois et de pâtures, en bordure de la forêt de Thiérache. Il fait partie du parc national de l’Entre-Sambre-et-Meuse.
Histoire
Une des neuf villes du Sart de Chimay
Le 6 novembre 1336, Jean de Hainaut, seigneur de Beaumont et de Chimay, transmet à sa fille Jeanne l’ensemble de ses possessions dans la seigneurie de Chimay. L’acte énumère les « neuf villes du Sart de Chimay » — parmi lesquelles Beauwelz, aux côtés de Momignies, Seloignes, Macon, Salles, Baileux, Villers-la-Tour, Monceau et Robechies — ainsi que les viviers de Beauwelz et de Seloignes, les bois de Fagne et de Thiérache. Beauwelz reste dans l’orbite de Chimay sans interruption, sauf entre 1412 et 1445 où il en est temporairement détaché.
En 1406, le village compte quinze foyers. En 1445, il n’en reste que six — effondrement que les sources attribuent aux ravages de la guerre entre la France et la Bourgogne.
La verrerie du Surginet
En 1506, Englebert Colinet fonde au lieu-dit le Surginet une verrerie qui exploite le sable local et le bois de la forêt environnante. L’entreprise prospère au point d’attirer en 1549 la visite de Charles Quint, accompagné du futur Philippe II — épisode attesté par les chroniques locales et par le site de la commune de Momignies. Le moulin de Beauwelz est détruit par les Français en 1544, pendant les guerres entre François Ier et Charles Quint.
Du sabot à la tranchée
Comme les autres villages de la commune de Momignies, Beauwelz vit au XIXe siècle de la saboterie : on y dénombre 88 sabotiers en 1886. Le 13 août 1914, le 1er régiment de zouaves franchit la frontière à Beauwelz — première unité française à entrer en Belgique dans cette zone, en marche vers la bataille de Charleroi. Le 9 novembre 1918, le village est libéré par les « Cadets de Gascogne ».
Patrimoine
Église Sainte-Vierge
L’église porte sur sa porte le blason du prince de Chimay Philippe II de Henin — témoignage de l’appartenance multiséculaire du village à la principauté. L’édifice actuel est modeste ; à proximité, l’église Saint-Quentin (1840), de style néo-classique, est partagée avec le reste de la section.
Sources historiques
L’acte de 1336 (Jean de Hainaut → Jeanne) est conservé aux archives de Chimay et publié sur chimayville.be. La notice sur la verrerie du Surginet et la visite de Charles Quint proviennent du site momignies.be et de la source cirkwi.com. Hagemans (Histoire du pays de Chimay, 1866) situe Beauwelz dans l’orbite de Chimay et mentionne les viviers. Les données démographiques (15 foyers en 1406, 6 en 1445, 88 sabotiers en 1886) proviennent de momignies.be. Le passage des zouaves en août 1914 est documenté par la fiche Beaumont de Terascia, d’après les Albums de Croÿ et le Patrimoine monumental de la Belgique (vol. 10, Hainaut, 1983). Le blason de Philippe II de Henin est relevé par connaitrelawallonie.be.
Illustration photo Herpoel