Présentation
Erloy est un village de l’ancienne Thiérache, bâti en amphithéâtre sur le flanc d’une colline dominant l’Oise, à 56 kilomètres au nord de Laon et à 10 kilomètres de Vervins. Ancienne seigneurie des ducs de Guise, sa patronne est sainte Eugénie. Frappé de plein fouet par le choléra en 1832, il résista avec dignité à l’occupation allemande de 1914–1918. La famille de l’historien Ernest Lavisse est originaire d’Erloy.
Étymologie
Melleville donne les formes latines anciennes Ara lucis et Arlucus — l’autel de la lumière ou le bois sacré de lumière. Ces formes latines médiévales, probablement des reconstructions érudites, suggèrent un lieu de culte ancien.
Géographie
Erloy est bâti en amphithéâtre sur la rive droite de l’Oise. Le moulin sur l’Oise, figuré sur la carte de Cassini (v. 1750), est aujourd’hui transformé en gîte rural et base nautique — canoë-kayak sur l’Oise. La fontaine de Saint-Algis est un autre point de repère du territoire.
Histoire
La seigneurie — des Guise aux La Fons
La terre d’Erloy relevait du duché de Guise. En 1750, elle appartient à Charles de La Fons, seigneur de la Plesnoye, Marly, etc. (le même qui possédait Englancourt).
Le choléra de 1832 — un tiers de la population atteint
Erloy fut l’un des villages les plus maltraités du département par le choléra asiatique en 1832. Un tiers de la population fut atteint et 50 habitants en moururent. Le reste abandonna le village pendant quelque temps. Une épidémie dévastatrice dans un village de 700 âmes.
La Première Guerre mondiale — le maire résistant
Le 30 août 1914, le village est occupé par les troupes allemandes après la bataille de Guise. En 1915, le maire par intérim Firmin-Narcisse Cauchy, 75 ans, refuse de déclarer à l’ennemi la présence d’un soldat français caché dans la commune. Arrêté, condamné par un tribunal militaire à la déportation et à cinq ans de réclusion, il est emprisonné à Rheinbach, près de Bonn, pendant trente-cinq mois. Le village est libéré le 6 novembre 1918 par le 115e Régiment de Chasseurs à pied. Le monument aux morts porte les noms de 10 soldats et de 2 victimes civiles.
« En 1915, Firmin-Narcisse Cauchy (75 ans), qui fait office de maire, refuse de déclarer à l’ennemi la présence d’un soldat français caché dans la commune. Arrêté, il est condamné à la déportation et à cinq ans de réclusion. Il est emprisonné à Rheinbach pendant trente-cinq mois. »
— Wikipedia, Erloy
Patrimoine
Église Sainte-Eugénie (XVIIe siècle)
L’église Sainte-Eugénie, du XVIIe siècle, présente une particularité décorative notable : ses murs portent des signes en briques vernissées — motif qu’on retrouve également sur les murs de quelques maisons du village, témoignant d’une tradition décorative locale propre à Erloy.
Monument du maquis d’Erloy
Un monument du maquis d’Erloy rappelle la résistance locale durant la Seconde Guerre mondiale.
Personnalités liées à la commune
La famille de l’historien Ernest Lavisse (né au Nouvion-en-Thiérache), auteur de la célèbre Histoire de France et figure majeure de l’enseignement républicain, est originaire d’Erloy.
Illustration photo: René Hourdry