Présentation
Vaux-Villaine, village rural des Ardennes, se compose de deux sites distincts : Vaux et Villaine. L’Audry traverse le territoire, arrosé par le ruisseau des Rigoles. Le sous-sol fournit pierres de taille, sables verts pyriteux et terre à brique.
Histoire
Un village des Potées
Vaux-Villaine compte parmi les dix-sept villages de l’avouerie des Potées, placés sous la protection du chapitre de la cathédrale de Reims.
1643 : Rocroi et ses ravages
Lors de la bataille de Rocroi, neuf maisons de Villaine sont ravagées par les flammes ; la moisson, mangée ou piétinée par les chevaux et les militaires, n’a pu être faite. Le village de Vaux eut quant à lui à supporter le stationnement de l’infanterie de Gassion, et deux maisons furent brûlées par le régiment de Witinclez — selon un écrit de Philippe Ravyneau, conseiller du roi et président en l’élection de Reims, passé par-devant Gobert Deuil, notaire royal à Aubigny.
La légende de saint Remy
La tradition locale identifie Vaux au Vacculiacum du testament de saint Remy. Selon la légende, alors qu’il catéchisait Clovis à Thin, le saint, averti qu’on voulait l’assassiner, envoya prier les habitants de Vaux de lui faire escorte ; en récompense, il leur donna par indivis un vaste terrain nommé les Aisances de Vaux. Les habitants de Villaine, qui ne s’étaient point dérangés, n’eurent aucune part à cette munificence — mais le seigneur de Rumigny les engloba plus tard dans une même générosité en leur donnant le bois des Potées.
1870 : le drame de Vaux-Villaine
En 1870, les Prussiens envahissent le village et, soupçonnant qu’un franc-tireur ait tué l’un de leurs sous-officiers, enferment quarante habitants dans l’église. Ils exigent qu’on désigne trois d’entre eux pour être fusillés. Le curé, sommé de nommer les victimes, refuse. Le colonel Kaan, du 64e landwehr, entre et ordonne que le sort en décide. Une voix nomme deux mobiles blessés, agonisant depuis deux jours ; le colonel refuse : « Les soldats réguliers ne sont pas en cause. » Eugène Petit désigne alors trois civils : J.-B. Depreuve, berger de soixante-dix ans, Louis Georges, berger communal, et un jeune homme entrant à peine dans sa vingtième année. Quelques minutes plus tard, tous trois tombent sous les balles. Le lieu du drame est encore désigné aujourd’hui sous le nom de Derrière l’Église.
Patrimoine
Église Saint-Remi
L’édifice, élevé en une seule campagne vers le milieu du XVIe siècle (la date de 1562 est gravée au fronton du portail occidental), se compose d’une nef à vaisseau unique suivie d’un chœur en abside à trois pans. En 1891, l’architecte sedanais A. Quinet établit un plan de restauration prévoyant un vestibule d’entrée et le voûtement intégral de la nef, achevé en 1895 en pierre de taille de Saint-Marcel et brique creuse.
Deux châteaux disparus
Deux châteaux existaient autrefois à Vaux. L’un fut détruit pendant la Révolution ; ses pierres et ses charpentes servirent à bâtir plusieurs maisons du village. L’autre, une forteresse, s’élevait tout près de la rivière au lieu-dit la Tour — il pourrait en subsister un mur, décrit en 1900 comme une possible maison-forte.
Sources historiques
Albert Meyrac, Géographie illustrée des Ardennes, 1900, p. 497-498 — J. Roland, Annales de la Société archéologique de Namur, 1891 (avouerie des Potées) — écrit de Philippe Ravyneau, notarié par Gobert Deuil, notaire royal à Aubigny, 1643 — Inventaire général du patrimoine culturel, région Grand Est, dossier IA08001599 — Wikipédia.
Illustration photo Havang(nl)