59149 – MALZY – 02120 : 187 habitants

L’histoire

De par sa position en bordure d’Oise, Malzy a été de tout temps un lieu de passage et de vie. Après l’occupation des Celtes vers 400 avant JC, une tribu d’Atrébates (Gaulois Belges) s’installe vers 200 avant JC. Grâce à l’histoire de Ste Aldegonde on sait qu’il y avait déjà un village et une Seigneurie au 7éme siècle à Malzy, puisque la Sainte patronne du village y viendra en visite plusieurs fois et y perdra une chaussure longtemps exposée dans l’église.

En 1000 toutes les terres sont rattachées au Sire de Coucy, Comte du Vermandois. En 1060, ELINAND, évêque de Laon, donna l’autel de Malzy au Chapitre de St Jean-au- Bourg de Laon. En 1180 les Terres de Malzy furent cédées au Comté de Champagne, puis au Duché de Guise; la famille DE PROISY s’installe dans la Seigneurie de Malzy. En 1580 le Gouverneur du château de Guise obligent les manants » de Malzy de charrier à la corvée 14 chênes de la forêt d’Epaissenoux (Chigny) jusqu’en son château. Le 19 octobre 1587 Nicolas COSSE de Malzy va plaider à Guise auprès d’un envoyé du Roi Henri III, la libre circulation au sein du Duché et la misère des habitants affamés. En 1610 la chapelle du Brule est accordée aux Minimes de Guise. En 1360 la Seigneurie de Malzy échoit aux DE FLAVIGNY. En 1636 les troupes françaises de Richelieu s’installent tout au long de l’Oise. Le 7 juillet 1657 une armée de Louis XIV prend campement à Malzy. Les Terres de Malzy sont partagées entre l’Ordre des Chanoinesses de Maubeuge et la Seigneurie de Brandouzy jusqu’à la Révolution avec comme Seigneurs: 1679: François DE QUEBY; 1690: Emerie DE DONZEL D’AMERET; 1716: Roland DE CAISNE et en 1737: Mr DE LA MOTTE. En 1824 un bureau de bienfaisance est établi dans la commune. Le 2 août 1916, un espion français est déposé de nuit au lieu-dit « les trois pigeons » pour espionner les troupes ennemies, il restera 11 mois dans le secteur aidé par la population. Les 16 et 17 mai 1940, l’aviation allemande mitraille les populations qui s’enfuient le long de la route nationale; trois morts sont relevés sur le territoire de la commune.

église fortifiée de Malzy

L’église de Malzy

Inscrite à l’inventaire des monuments historiques, cette église fait partie des églises fortifiées de Thiérache. Sa reconstruction date du 17é siècle, période de guerres intenses dans la région. La date de 1663 est gravée dans la charpente du choeur, celle de 1680 est portée en brique vernissée sur l’élévation nord de la nef. Celle de 1686 est attestée par un extrait trouvé dans les registres paroissiaux à la date du 22 octobre 1686 ou une interdiction d’inhumation a été faîte à cause de la construction de l’église.

Le choeur est à chevet plat surmonté du clocher et flanqué de deux tours circulaires à meurtrières à l’architecture différente. Il possède quatre vitraux où l’on peut y reconnaître: Ste Thérèse, St Pierre, St Paul et St Antoine de Padoue. L’autel est en bois joliment travaillé et comporte six tableaux recouverts de peinture en or. Les motifs peints représentent les sacrements de la vie religieuse. Sur le bas apparaissent les quatre évangélistes et sous l’autel est placé un reliquaire qui comporte deux petits cadres ovales avec des noms de Saints et un cadre plus petit encore dont le contenu est difficile à décrire (peut-être des anneaux).

Deux statues sont en place: St Joseph avec l’enfant Jésus et Ste Aldegonde. On n’y trouve plus, hélas, les tombes des Seigneurs et autres personnalités qui y ont été ensépulturés.

statue de Ste Aldegonde
La nef possède des vitraux sans personnage et quelques statues: Marie avec Jésus, St Éloi, St Louis, Jeanne d’Arc, et trois autres statues inconnues (2 religieuses et 1 prêtre). Tout le bas du bâtiment est lambrissé à l’ancienne. Un chemin de croix composé de treize tableaux sculptés et peints, jalonne la nef. Le confessionnal est joliment sculpté. La chaire possède les sculptures des quatre évangélistes. Le baptistère est en marbre blanc.

Jusqu’aux transformations du 19é siècle, le donjon contenait trois niveaux de défense superposés, desservis par l’escalier en vis de la tourelle nord-est. Au dessus du choeur les deux étages communiquaient avec le niveau équivalent de la tourelle sud-est. Des meurtrières qui ajourent chacun des niveaux, permettaient le guet et la défense du donjon sous toutes les orientations.

Le réservoir de Malzy

Le réservoir de Malzy

Au 19e siècle s’installe au château de Brandouzy à Malzy un riche avocat natif de Vervins: Mr pierre François Edouard LARUE. D’une grande générosité pour la population il va financer la construction d’un réservoir dont le but majeur est de permettre la distribution de l’eau à tous les habitants de Malzy. Les travaux et les bassins exécutés par Mr MAGNIER, entrepreneur à Proisy sont commencés le 20 septembre 1895 sur un terrain offert Par Mr Virgile SELLIER, maire de l’époque. La remise officielle en a été faîte à la commune en séance municipale le 14 août 1896 et la bénédiction par Mr DEVIGNE, curé de Malzy, le Il octobre 1896. Le réservoir est composé de deux bassins communicants de 30 mètres de profondeur alimentés par une source. L’ouvrage est en brique rouge de Belgique protégé par des mains-courantes. Les murs sont percés de fenêtres qui permettent l’aération, les bassins sont surmontés de voûtes magnifiques. Une plaque en pierre bleue rappelle l’origine de la construction. Un petit renfoncement est installé sous cette plaque laissant croire à un prie-Dieu où la légende y faisait venir le brave curé pour des méditations estivales plus rafraîchissantes.

Du bassin partait une canalisation qui alimentait tout le village et les cinq fontaines dont chacune avait reçu un nom.

  • MARIE: 1er prénom de Mme LARUE (disparue
  • LOUISE: 2éme prénom de Mme LARUE, (entrée du cimetière)
  • FURCY: fils de Mr LARUE (rue principale)
  • EDOUART : 3éme prénom de Mr LARUE, couramment utilisé en Thiérache ( rue principale)
  • ALDEGONDE: Sainte patronne du village ( certainement la fontaine que l’on trouve dans la rue vers Monceau sur Oise, surmontée d’une niche ayant pu contenir la statue de la Sainte).

Monsieur pierre LARUE s’est éteint en sa demeure de Brandouzy le 15 octobre 1902 à l’age de 74 ans.

Norbert Quint
norbert.quint@wanadoo.fr