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 | Paul Codos, pilote-aviateur Thiérachien, recordman du monde. 1ère Partie |  |
Ecrit par terascia le Tuesday 24 August à 17 h 20
Contribution de terascia
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Paul Codos...
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...pilote-aviateur
Thiérachien, recordman du monde.
Il est des hommes qui ont marqué l'histoire
de l'aéronautique en inscrivant à leur
palmarès des raids et des records mondiaux. Paul
Codos, dans les années 30, au sommet de la gloire,
est adulé par les autorités de notre planète,
civiles ou militaires et des Hirsonnais. Très
vite, il passe dans l'oubli. Défaillance de la
mémoire ?
1ère partie
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©
Jean-Paul Arnoul
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©
Jean-Marie Gérard |
Paul
Joseph Codos est né le 1er mai 1896 à Iviers
(Aisne) du déclarant Paul Charles Oscar Codos,
originaire de Morgny-en-Thiérache, cultivateur,
et de Marie Marthe Varlet d'Iviers. Dans les années
20, Mme veuve Marie Marthe Codos quitte son exploitation
agricole d'Iviers. Elle s'installe à Hirson. Sa
fille Thérèse ouvre une boutique de lingerie-mercerie
94, rue de Charleville [Charles de Gaulle]. Paul Codos
est, selon sa fiche de recensement en mairie, un citoyen
hirsonnais de 1919 à 1946. Dans un premier temps,
il demeure 38 rue de la Capelle [8 mai 1945] face à
l'Ecole Supérieure Professionnelle des garçons,
puis chez sa sœur Thérèse et son pied
à terre, à Paris 18ième.
En 1947, Mlle Thérèse, femme effacée,
très estimée mais combien frêle, abandonne
son commerce. Sur les conseils de son frère Paul,
elle se retire à l'âge de 54 ans, à
l'orphelinat de la fondation Savart à Saint-Michel-en-Thiérache.
En 1960, l'Institution ferme ses portes. Thérèse
n'a pas le choix, elle s'installe à Paris 16ème.
En 1981, elle ferme les yeux. |
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Engagé
sur tous les fronts
Quant à Paul Codos, le cadet d'une fratrie de
cinq enfants, fils de paysan Thiérachien, il
exerce un premier métier, celui d'ouvrier typographe
à la Fère. Cet emploi est de courte durée.
Le 8 septembre 1914, à ses 18 ans, il passe par
le bureau de recrutement de Saint-Quentin. Il s'engage
[matricule 338] pour la durée de la guerre 14-18.
Il est incorporé dans le 24ème régiment
d'artillerie comme 2ème cannonier-servant.
Le 14 novembre 1914, il se retrouve en première
ligne sur le front de Verdun et de la Somme. Il reçoit
une citation à l'ordre de l'armée : "Brigadier
téléphoniste plein de zèle et d'entrain
dans son service. Le 17 mai 1916, au moment d'un réglage
par avion, son poste ayant été bombardé
par deux obus s'est mis de suite à l'œuvre
pour rétablir, sans souci des projectiles qui
tombaient autour de lui, donnant ainsi un bel exemple
d'initiative, de sang froid et du mépris absolu
du danger."
Les pieds dans la gadoue, la tête dans
les nuages, une idée le poursuit : Il sera aviateur.
"J'avais assisté, dit-il, aux prouesses
des avions de commandement, de réglage, de chasse.
Je savais que lorsque les équipages revenaient
de leur mission une vie humaine, douce et chaude, les
attendaient. Certes, des risques. Notre sort n'était
pas plus favorable. De plus, j'étais cloué
au sol, à demi asphyxié par les gaz, dégoûté
de cette terre qui envahissait et qui sentait la mort.
Vivre ou mourir en plein ciel me paraissait facile.
Quelle tentation pour une âme ardente que le combat
singulier !"
Il fait une demande de mutation. Il essuie un refus
de sa hiérarchie. Les jours, les mois passent,
notre thiérachien ne baisse pas les bras. A la
huitième tentative, il obtient un avis favorable.
Le 25 novembre 1917, Paul Codos est appelé à
se transporter à la Division. Il est détaché
au 1er groupe d'aviation. En passant l'examen de culture
générale, il annonce à l'examinateur
qu'il est typographe.
- Ah ! Vous êtes topographe. Parfait, mon
ami, les cartes n'auront pas de secret pour vous.
Le
commandant confond typographe et topographe… Peu
importe, une carrière de pilote-aviateur se dessine.
Le 30 novembre 1917, Paul Codos rejoint Istres, puis
l'école d'aviation de Nieuport à Miramas
où il s'initie au pilotage acrobatique sur "la
Grosse Julie".
En janvier 1918, son brevet de pilote en poche, il espère
passer en escadrille. En vain ! L'Armistice du 11 novembre
est signé. L'occasion de montrer ses aptitudes
ne se présente pas. Le 29 août 1919, le
Maréchal-des-Logis Codos, est démobilisé
et c'est l'attente.
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©
Bruno Parmentier
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Le
20 juin 1920, Paul Codos reçoit une lettre qui
l'invite à se présenter à la Compagnie
des Messageries Aériennes. Débordement de
joie !
- C'était oui ! J'avais gagné ; bien
des dates s'étaient estompées mais pas celle
du 20 juin 1920. Mon grand rêve d'après guerre
se réalisait. J'avais le ciel pour domaine."
Il accepte d'être convoyeur d'avions "Breguet
14" entre le camp d'Avord et d'Istres. L'aventure
sera de courte durée, il est prié de plier
bagage. La Compagnie des Messageries Aériennes
s'éteint. Déception pour notre homme.
Vols de nuit
En 1921, Doroman, virtuose de l'hélice calée,
administrateur des Aérostransports Ernoult lui
propose d'entrer dans sa Compagnie pour assurer |
les
liaisons quotidiennes Bordeaux-Toulouse-Montpellier. Il
fait la connaissance de Dieudonné Costes dit "Dedieu",
l'as de la guerre d'Orient. Ces deux monstres sacrés
feront, quelques années plus tard, route ensemble.
L'Aérotransports, sans crier gare, fait faillite.
Codos est mis sur banc de touche.
Deux mois passent. C'est Pierre Ducat, directeur de la
Société Réseau Aérien Tran-safricain
qui l'accueille sur ses lignes Alger-Biskra-Toggourt.
Les survols du désert ne sont pas sans risque.
Le matériel est vieux ! Lors d'une liaison de routine,
l'avion piloté par Codos s'écrase près
de Biskra. Notre thiérachien est grièvement
blessé au visage et aux membres. Il est cloué
sur un lit d'hôpital durant sept mois. Le diagnostic
des chirurgiens est réservé. Codos resterait
estropié à vie. Erreur ! |
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Une
fois sur pieds, l'avenir ne lui sourit pourtant pas.
La société est en liquidation, il n'a
plus sa place dans les rangs du Réseau.
En 1924, il rentre à la Compagnie Aérienne
Française dont la spécialité est
l'orga-nisation de meetings aériens. Faute de
mieux, Codos s'engage sur cette voie.
Puis, c'est Air-Union qui lui tend une main. Codos signe
le contrat qu'il reçoit de Noguès, chef
pilote et codirecteur de France-Roumanie. Présenté
à Bajac, chef pilote, aviateur de guerre, Paul
Codos dira : "Visage avenant et doux que
la blancheur de ses cheveux rendait encore plus aimable,
de surcroît gentleman."
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Année
1932. De gauche à droite, Henri ROBIDA et Paul
CODOS. |
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Le
27 janvier 1926, avec un avion Farman biplan baptisé
le "Goliath" de deux moteurs Salmson de 260
CV, Codos et Agnus assurent les premiers vols de nuit
pour des transports de fret sur la ligne Paris-Londres
et l'année suivante, sur celle de Londres-Marseille.
Codos qui ne tarit pas d'éloges observe son compagnon
: "Combien de fois ai-je se-crètement
admiré le calme et l'habilité d'un équipier
comme Agnus ! Taillé en athlète, sa force
n'avait d'égale que sa douceur."
Au cours d'un vol de nuit, le "Goliath" marque
un brusque changement de régime. Rouyer, mécanicien,
a tout compris. N'écoutant que son courage, il
s'extirpe du poste de pilo-tage et, en s'accrochant
aux haubans, il atteint le moteur. Codos surpris, réduit
la vitesse. Rouyer sort de ses poches une pince, du
chatterton, du fil de fer. En mécanicien averti,
il emploie le "système D" et il rafistole
la tuyauterie défaillante.
Codos a eu la peur de sa vie et il explose :
- "Tu es complètement fou ! Criai-je
pour dire quelques chose." Notre équilibriste,
de retour à son poste tout tremblant, hausse
les épaules.
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Nostalgie
du pays qui l'a vu naître !
Paul Codos, confiné au 6ième étage
dans une modeste chambre d'hôtel à Paris
18ième vient régulièrement se ressourcer
en Thiérache, enfourchant sa sacrée bécane
: Pas n'importe quel engin, une grosse Harley Davidson.
En septembre 1928, il est l'invité d'honneur
pour la grande manifestation des sports mécaniques
organisée par l'Union Commerciale d'Hirson. Cette
fête se tient au "Champ- Roland" où
se déroule un meeting aérien. Paul Codos
se prête volontiers au spectacle des deux trapézistes,
Roland Toutain et Maryse Hilz qui, suspendus par les
pieds sous la carlin-gue, décrochent des fanions.
Notre virtuose du manche à balai dira : "C'est
du cirque".
Ce type de manifestations n'est pas sa "tasse de
thé". L'aventure dont il rêve, c'est
d'effectuer des raids et de battre des records. Il doute.
Ne serait-il qu'un pilote de ligne ? Il ne serait pas
admis dans la cour des "grands" ?
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