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 | Aubenton... Chemin des invasions. 1ère partie |  |
Ecrit par terascia le Monday 20 October à 11 h 06
Contribution de terascia
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Aubenton...
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...chemin des invasions
Par
Jacky Billard
1ère partie
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Le
bourg, patrie de l'aviateur Jean
Mermoz, doit son nom à deux cours d'eau,
l'Aube et le Ton. Ils se jettent dans l'Oise à
Etréaupont. En 1169 Albenton, du Xème
au XVIIIème puis Aubenton en Vermandois et enfin
Aubenton en Thiérache. Dès le 2ème
siècle, Aubenton
est une terre d'invasions. Les conflits meurtriers débutent
principalement à partir de la guerre de Cent
Ans. En 1340, la soldatesque du comte de Hainaut massacre
la population et brûle la bourgade. En 1521, 1591,
1648 et 1650, Aubenton est assiégé. Ce
n'est que tueries, pillages, famine...
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En
1810, la ville est occupée par les cosaques russes,
l'année suivante par les Prussiens. En 1914 la
"Grande guerre" est déclarée,
celle qui devait être "la der des ders".
Deux décennies plus tard, les troupes d'occupation
allemandes découpent le territoire français
et décrètent la région "zone
interdite". Les habitants la peur au ventre évacuent
en Vendée, Mayenne ou vers les Deux-Sèvres.
Terres
à conflits armés
Le
village qui a été pied à terre
des princes de Condé est loin s'en faut, une
terre promise. Au XIIème siècle, les habitants
sont touchés dans leur chair par la peste et
la lèpre ; un cadeau des seigneurs au retour
de croisade en Terre Sainte! Que d'engagements de ces
seigneurs dans les guerres qui se dérouleront
entre le XIV et XVIème siècle! Les conflits
successifs ne réservent guère de beaux
jours aux aubentonnais. Ils ne comptent plus les passages
des armées et les hordes de pillards sans foi
ni loi! Au XVIème siècle, les terres de
Chimay et de Beaumont (Belgique) sont convoitées
sous la collation de Jean de Pierrepont, seigneur de
Beaumé ; de Jean de la Bove et d'autres sous
même bannière. Ils prennent, pillent et
brûlent la province du Hainaut. Les dévastations
sur les terres du comte de Hainaut amènent à
un compromis. Il est signé à Aubenton.
Erreur stratégique fatale. La vengeance étant
un plat qui se mange froid, le comte de Hainaut consulte
son Parlement à Mons et fixe les "leçons"
à infliger à la France.
Passé
au fil de l'épée
Le comte de Hainaut ordonne à ses chevaliers
et à ses écuyers de "mettre à
sac" les bourgs d'Aubenton et de Brunehamel et
de semer la terreur et le meurtre. La population informée
de cette incursion imminente relève les palissades
et reçoit de Jean de Bosmont, seigneur, le renfort
cinq cents hommes en armes. Peine perdue. 15 à
2000 hommes, femmes, enfants périront sous le
fil de l'épée. Aubenton riche de ses étoffes
et de son vin [droit de vinage en 1259 sous Nicolas
VI] est pillé, incendié et spolié
de ses richesses. Elles seront chargées sur des
charrettes pour être conduites à Chimay.
Après un tel massacre les survivants dénommeront
deux passages, l'un Ruelle du sang, l'autre Ruelle du
sac sur la rive droite de la rivière Ton [thon].
Lors d'une séance du conseil municipal en 1960
les élus du peuple envisagent de rebaptiser ces
"boyaux." Ce qui n'est pas au goût de
la population aubentonnaise. Elle tient à garder
la mémoire du passé. Le dossier est enterré!
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La guerre
de 100 ans - siège d'Aubenton en 1340. ©BNF
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Les
impériaux en Thiérache
Au XVIème siècle, François Ier
s'engage dans une offensive avec pour adversaire un
dénommé Charles Quint, nouvel empereur.
Les impériaux au nombre de 35000 hommes placés
sous le commandement de Nassau dresse le siège
devant Mézières le 26 septembre 1521.
La place est fortement défendue par d'Orval,
lieutenant du roi de France en Champagne, et le Chevalier
Bayard. Le duc de Nassau général de Charles
Quint ne parvenant à s'imposer lève ses
troupes, bat en retraite sur la Thiérache. Il
brûle et saccage tout sur son passage. Aubenton
n'est pas épargné. Charles Quint ne désarme
pas, il a ferme intention à s'approprier le Royaume
de France et en découdre avec La Capelle. En
1543, François Ier afin d'opposer un rempart
aux troupes espagnoles qui occupent la Flandre fait
construire en 1546 par Louis Martin, prévôt
de Rumigny (Ardennes) le Manoir de la Cour des Près
et ordonne la construction d'une forteresse à
La Capelle en Thiérache (Aisne). Aubenton est
pratiquement dépourvu de toutes défenses
"acceptables". En 1400, les autochtones avaient
bien élevé le long de la rivière
le Thon une porte fortifiée et son pont-levis
qu'ils avaient placé sous le vocable de saint
Nicolas! La population sera passée par le fer
sans distinction de sexe, ni d'âge. Les églises
et abbayes de Foigny, de Saint Michel et de Bucilly
sont pillées et incendiées par les Espagnols.
Le traité de Crépy le 18 septembre 1544
ratifié par celui de d'Ardres le 8 juin 1546
met un terme aux hostilités entre le Royaume
de France et le Hainaut espagnol. Sous Louis XIII les
rivalités reprennent pour la guerre dite de Trente
Ans. La Thiérache est de nouveau malmenée.
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Le
château d'Apremont
Sous le régime d'Henri II (XVIème) l'histoire
évoque: "En 1551, deux compagnies de la
garnison d'Aubenton commandées par le capitaine
Jean d'Audigny et Lalande marchent vers le fort d'Apremont
occupé par les impériaux de Charles Quint".
Ce château fût construit au XIIIème
siècle par Gobert VI, sire d'Apremont de Lorraine.
Il voulait sur terres ardennaises de Romagne une réplique
de son château de Lorraine. Point question de
faire amalgame avec Apremont à proximité
de Rozoy-sur-Serre. Apremont en pays Axonais n'a eu
de fort, ni de château.
Crions Famine !
Il faut survivre. Louis XIV, roi dépravé
ne pense qu'à guerroyer, il oublie son peuple!
On meurt de faim dans les chaumières. Un dénommé
Massillon en 1740 adresse une requête auprès
de Fleury, ministre des finances de sa gracieuse Majesté
: "Monseigneur, les peuples de nos campagnes
vivent dans une misère affreuse, sans lit, sans
meubles. La plupart la moitié de l'année,
ils manquent de pain, d'orge et d'avoine qui fait leur
unique nourriture et qu'ils sont obligés de s'arracher
de la bouche et de celles de leurs enfants pour payer
leur imposition." Cette supplique est rejetée
par le roi. Que ces gueux aillent au diable! Au XVIII,
XIX et XXème s'abattent d'autres calamités,
souffrances et désastres. A chaque siècle
son lot d'infortunes et d'infortunés!
Fin de la première partie.
Jacky
Billard
Octobre 2003.
Suite de l'article
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