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    Jean Mermoz, aviateur Thiérachien
    L'histoire de la région
             Ecrit par terascia le Tuesday 10 April à 20 h 30
              Contribution de terascia





    Jean Mermoz.
    Jean Mermoz
    Jean-Mermoz

    Jean MERMOZ est né à AUBENTON le 9 décembre 1901, d’un père hôtelier et d’une mère fille d’un bottier de luxe, installés à PARIS. C'est pour le moins ce que l'on dit, et qui du reste est écrit dans les registres de l'état civil de la commune d'Aubenton.

    Je ne puis cependant m'empêcher de me souvenir d'une émission de radio qui, dans les années 70, était diffusée les après-midi sur les antennes de la station de radio : "Europe 1", et qui s'appelait "Histoire d'un jour", et avait une variante qui évoquait une personne plutôt qu'une date. L'une (ou plutôt deux) de ces émissions furent consacrées à Jean MERMOZ, et cette anecdote y fut citée. Elle parlait du "couple MERMOZ", les parents de Jean, et certifiait que la tendance était plutôt à la séparation qu'à la sérénité.

    De fait, lorsque les parents de Mermoz se séparent définitivement, Madame Mermoz vient d'accoucher et revient s’installer chez ses parents, Monsieur et Madame GILLET, installés dans une grande maison de MAINBRESSY. Jean est en fait né la veille dans la région parisienne, et arrive à AUBENTON à l'âge d'un jour. La déclaration de sa naissance n'a pas encore été faite à Paris !!! C'est son oncle qui se chargera alors de la formalité, à la mairie d'Aubenton !

    Jean vivra la vie d’un enfant d’instituteur du début du siècle. L’instituteur, c’est son oncle, M. BOULANGER, alors en poste à Folembray. Il partage le temps de sa jeunesse entre l'entourage de son oncle, et celui de ses grand-parents : M. et Mme GILLET. C'est cependant son père qui le pousse à poursuivre ses études, jusqu’au baccalauréat, diplôme muni alors d’une importance exceptionnelle, mais on dit que ce n'est pas de son père qu'il tint ce tempérament de pionnier qui lui fit vivre tant d'aventures. Attiré très tôt par l’aviation, il s’engage en 1920 dans l’armée de l’air, est affecté à la base d’ Istres, et obtient son brevet de pilote en 1921. Il passe alors dix huit mois en Syrie, où il va prouver son courage, sa compétence technique et son endurance. Il revient ensuite en France et, déçu par l’armée, la quitte.

    Parmi ses amis, il compte Joseph KESSEL, qui suit à travers lui (et aussi à travers Antoine de Saint-Exupéry), les progrès de l'aviation. En mars 1924, il rentre comme pilote à la société des lignes aériennes LATECOERE, dirigée par Didier DAURAT.

    Voulant prouver ses qualités de pilote, il effectue une fantastique démonstration de voltige aérienne, à la fin de laquelle DAURAT lui dira sèchement : «La ligne n’a pas besoin d’acrobates.»

    Malgré cela embauché, il débute sur le tronçon Toulouse-Alicante. Puis c’est le tronçon Alicante-Casablanca, et en 1925 Casablanca-Dakar.

    Alors qu’il effectuait son quatrième transport de courrier, il est contraint de se poser en zone dissidente. Fait prisonnier par les Maures, il est maltraité au cours d’une brève captivité, puis échangé contre une rançon de cinquante mille francs. Il reprend ses vols, toujours au-dessus du même secteur insoumis, et sera le premier en 1927 à relier Toulouse à Saint-Louis-du-Sénégal, en vol direct sans escale, en vingt trois heures.

    Cette même année 1927, il subit une seconde captivité parmi les Maures. En 1928, il est affecté en Amérique du Sud, sur la ligne Natal-Buenos Aires. C’est là qu’il va jouer son rôle de pionnier. Afin de faire gagner du temps au courrier, il décide de faire une partie des vols, de nuit. Il reliera ainsi Buenos Aires à Santos, de nuit, seulement guidé par quelques feux dans des bidons de fuel répartis sur les différents terrains qui jalonnaient la route.

    En Aout 1928, il franchit les mille huit cents kilomètres de forêt qui séparent Rio de Porto-Suarez (en Bolivie). A la suite d’une nouvelle panne, forcé à un nouvel attérrissage, il tombe aux mains d’une troupe qui le prend pour un espion. Ce nouvel épisode de captivité faillit lui coûter la vie. Il entre dans la légende en traversant la cordillère des Andes. Après six tentatives, il passe, mais sur l’autre versant, des courants descendants plaquent l’avion au sol. Avec son mécanicien Copiapo, il hisse l’avion au sommet d’une pente de six cents mètres, et tente le décollage. L’avion se jette alors dans le vide, et Mermoz arrive à lui faire éviter les courants descendants. Il rentre à la base quatre jours plus tard, alors que tout le monde, une fois de plus, le croyait mort.

    Jean Mermoz
    Jean-Mermoz

    Il entre dans l'histoire de l'Atlantique, en réussissant, le 12 mai 1930, la liaison Sénégal-Brésil. C'est une liaison commerciale, effectuée avec Gimié et Dabry, sur l'hydravion Laté 28 Comte-de-la-Vaulx, il ne faut alors plus que cinq jours pour transporter le courrier de Toulouse à Santiago du Chili !

    Beaucoup plus tard, le matériel volant ayant fait d’énormes progrès, Mermoz tentait, le 16 janvier 1933, la première traversée du continent américain sans escale. Il atteint Buenos Aires en quatorze heures et demie. Le retour, décidé le 15 Mai, fut tout de même réussi, malgré une fuite d’eau au-dessus de la zone équatoriale du Pot au Noir. L’avion prouvait ainsi qu’il était capable de voler sur une longue distance avec un moteur en moins. Peu de temps après, l’ensemble des compagnies françaises de transport aérien forme la compagnie nationale Air France, dont il devient chef pilote sur la ligne de l’Amérique du Sud. Il forme de nombreux pilotes et affirme la position des lignes françaises.
    Le 7 décembre 1936, il prend place à bord de l’hydravion «CROIX du SUD» pour sa vingt-quatrième traversée de l’Atlantique Sud !.. . A sept cents kilomètres de Dakar, le radio envoie un dernier message, il est 10h47 : «Coupons moteur arrière droit».

    Le souvenir de Jean MERMOZ est perpétué à AUBENTON dans un intéressant musée. Il contient de nombreux souvenirs de Mermoz, et retrace le vie aventureuse de ce pionnier de l’aviation commerciale.

    Coordonnées du Musée Jean Mermoz


     
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