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    Les églises fortifiées
    L'histoire de la région
             Ecrit par terascia le Saturday 17 February à 14 h 48
              Contribution de terascia





    Les églises fortifiées de Thiérache.
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    L'église fortifiée de Plomion en ThiéracheAu XIIe siècle St Norbert, fondateur des chanoines de Prémontré mènera la nouvelle évangélisation au territoire de la forêt de Vaos s'étendant de St Gobin à Wimy. De nombreuses églises seront bâties, la plupart entre le XIIe et le XIIIe siècle. Au fil des guerres de plus en plus dévastatrices, dont l'apogée sera au XVII e siècle celle qui opposera la France à l'Espagne, les Thiérachiens, pour se prémunir de menaces constantes, fortifieront leurs églises telles de véritables forteresses.
    (église de Plomion)

    L'église  fortifiée de La Bouteille en ThiéracheLes guerres d'invasions
    Ce qui frappe avant tout, lorsque l'on découvre la Thiérache, c'est le nombre impressionnant de lieux de culte : Église, chapelles, calvaires. Cette apparente ferveur religieuse trouve son origine dans la première campagne d'évangélisation menée au VIIe siècle par des prêtres irlandais. Trois à quatre siècles auparavant, la Thiérache, sous influence gallo romaine, située géographiquement au carrefour des routes d'invasions barbares vivait dans une grande instabilité. Le lieu dit La Passe d'Anor était le point névralgique de la frontière et lieu de passage de toutes les invasions. On retrouve le même schéma en forêt de St Michel aux abords de la route Charlemagne où s'étendaient des fortifications militaires. Les excursions barbares étaient destructrices. La ville de Bavay (Bagacum) fut anéantie dés le IIIe siècle, la région transformée en un vaste désert. Près d'Hirson au lieu dit Le Camp des Frumions , on trouva au XIXe siècle, lors de travaux forestiers, une grande quantité de cendres mêlée à des amas de pierres. Des historiens locaux, tel Alfred Desmasures y découvriront des ruines de villa gallo-romaines pillées et incendiées. Après la chute de Rome, il faudra attendre plusieurs siècles avant de retrouver en Thiérache un degré de civilisation aussi poussé. Elle sera tour à tour pillée par les hordes barbares venues de l'est, envahie par les Francs au IIIe siècle, les Normands au VIIIe siècle, tiraillée entre les derniers Carolingiens et leurs vassaux pris de "véeilité indépendantiste". L'autochtone compris au fil du temps que sa survie dépendait de ses propres moyens de protection, protection dont les seigneurs toujours en guerre se souciaient peu.
    (L'église de La Bouteille)

    Les constructions moyenâgeuses étaient précaires
    Le bois et le torchis dominaient, la brique était encore rare et la pierre bien trop chère. Au XIIe siècle St Norbert, fondateur des chanoines de Prémontré mènera la nouvelle évangélisation au territoire de la forêt de Vaos s'étendant de St Gobin à Wimy. De nombreuses églises seront bâties, la plupart entre le XIIe et le XIIIe siècle. La brique prédomine, parfois renforcée de pierre, plus coûteuse car il fallait la faire venir sur place. La nature argileuse du sol est propice à la fabrication de ces briques de 5 pouces, cuites au bois sur les lieux même de l'édification. Un nombre croissant de communes pouvant s'enorgueillir de posséder un de ces édifices religieux qui suivra la vie de l'homme de la naissance à la mort. Rarement ce symbole sera poussé à un tel paroxysme, car au fil des guerres le lieu de culte se parera peu à peu d'attributs guerriers. En effet. Face aux exactions des hordes de pillards et assassins de toutes nationalités, le villageois se sent bien démuni. On trouvera bien de ça et là quelques exemples de fermes plus où moins fortifiées. Des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants sont donc condamnés à errer sur les chemins, tentant de trouver refuge dans les forêts, les cimetières et à l'intérieur des églises, qui peu à peu sont consolidées, fortifiées, résistant ainsi à l'agresseur.
    Assailli par des Anglais, Austro-Espagnols, Hongrois, mercenaires espagnols, et autres Français, conduits par Gassion, Turenne et le baron d'Elach de sinistre mémoire, des pillards hollandais et écorcheurs, entre le XIIIe et le XVIIIe siècle la Thiérache verra se succéder la plupart des armées d'Europe. François 1er fera fortifier Guise et La Capelle, situés sur " la route des invasions " à la frontière du Hainaut, propriété austro-espagnole. On érigera des tours, dressera des donjons, édifiera des remparts auquel on ajoutera des meurtrières. A chaque attaque les villageois se réfugieront dans leurs églises. Ils y emmèneront leurs biens, leurs meubles et même leurs animaux familiers. La vie s'y organisera durant les sièges. Les matériaux de constructions coûtant cher, les villageois étant pauvres, les curés revendront le mobilier et objets de culte pour financer les chantiers de fortification. Ainsi on comprends mieux pourquoi à la révolution française, on rasa quelques abbayes, synonyme d'esclavagisme mais que la soixantaine d'églises fortifiées de Thiérache, symbolisant la résistance face à l'oppresseur, nous soit parvenue intacte.

    La Capelle au XVIe Siècle
    La Capelle au XVIe Siècle

    Les églises fortifiées
    " Elles sont l'œuvre d'un peuple acharné à ne pas mourir "
    Marc Blancpain.

    L'église fortifiée de Burelles en Thiérache Une église est dite fortifiée si elle a possédé à un moment donné de son histoire une certaine valeur défensive par l'aménagement d'éléments caractéristiques de défense active ou passive. C'est l'existence de ces éléments d'architecture militaire, même s'ils ont aujourd'hui disparu qui confère à une église le qualificatif de fortifiée. Les églises fortifiées ont été édifiées entre le XVI e et le XVII e siècle, de François I à Louis XIV. De 1515 à 1598 se sont d'incessantes hostilités entre François I et Charles Quint qui mettront à mal la Thiérache. De 1559 à 1598 les guerres civiles et religieuses font des ravages. Pendant ces périodes noires on assiste à des travaux de fortification des églises, des censes (fermes) et des cimetières. 1598-1635 seront des années de restauration et de reconstruction. Puis c'est la guerre de 30 ans (1618-1648), les années 1636 à 1659 sont marquées par l'occupation et les déprédations commises par les armées royales françaises et ennemies. Durant la fronde (1648-1653) des princes révoltés feront alliance avec les espagnols. Les pillages, les tueries et les viols mettront à mal les paysans. Devant tant d'horreurs, la plupart fuient lorsqu'ils en ont le temps. Des villages entiers se vident. Les champs sont à l'abandon et toute la précaire économie n'y résiste pas. Si on ne fuit pas et s'il n'y a pas un château pour se protéger que faire ? Et bien il reste l'église, souvent le seul bâtiment solide du village, de plus elle est assez vaste pour accueillir la population, son clocher offre un poste d'observation et la cloche peut donner l'alarme. Aussi " les communautés rurales d'habitants ", les évêques, les abbés décident la fortification des églises. C'est une lourde tâche financière que les paysans seuls n'auraient pas pu prendre en charge. Les églises vont se transformer en "fort*", tantôt dans un esprit de défense passive, tantôt dans un esprit de défense active. Les églises qui auront résistées aux combats reprendront la vie cultuelle au VIII. (L'église de Burelles)

    Carte des églises fortifiées de Thiérache



    Il existe 3 sortes d'églises fortifiées
    1) Les habitants conservent l'églises ancienne mais lui ajoutent quelques modifications défensives : Une échauguette**
    2) Des meurtrières ou une salle forte, parfois une tour refuge comme à Vervins et Hary. Les habitants gardent une partie de l'église et construisent un nouveau corps de bâtiment à destination militaire. C'est le cas à Prisces et à Burelles, ces églises sont des forts.
    3) La 3 ème sorte d'église est une construction nouvelle, souvent sur les ruines d'une ancienne, d'un bâtiment mixte mi-religieux, mi-militaire. Plomion, La Bouteille et Englancourt possèdent ces églises "forteresses".

    *Fort : pour les hommes des XVI e et XVII e siècles ce mot désignent un lieu de refuge pourvu de moyens de défense active ou passive.

    **Échauguette : ouvrage contenant une petite pièce en saillie de l'angle d'un bâtiment construit en encorbellement ou sur un contrefort…généralement munie d'ouverture de guet plus rarement de meurtrières de tir.

    Bretèche : élément de mâchicoulis placé en saillie au dessus d'une ouverture, porte ou fenêtre, pour en surveiller l'approche et au besoin en interdire l'accès.


    A lire : les travaux de Robert Poujol et de Jean-Paul Meuret.


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    Pour consulter les horaires d'ouvertures des églises fortifiées: en savoir+

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    Le premier guide touristique pratique pour une découverte à son rythme des églises fortifiées ! en savoir+

    « Eglises fortifiées, moulins, fermes, maisons, châteaux de Thiérache...»
    Ouvrage sur l'historique, fiches descriptives et photos: en savoir+


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