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    Antiquité et réseau routier Gallo-romain
    L'histoire de la région
             Ecrit par terascia le Saturday 17 February à 14 h 43
              Contribution de terascia





    Antiquité et Haut-Moyen-âge
    Sous le Haut-Empire, la réorganisation de la Gaule, par Auguste, partage le territoire conquis en trois provinces. L'aire située entre Seine et Rhin constitue la Gaule Belgique dont la capitale est Reims et dont le gouverneur reçoit le titre de légat d'Auguste propréteur. Cette province est elle-même divisée en civitates; circonscriptions administratives renvoyant aux différents peuplements en place. Le territoire qui nous occupe se trouve à la confluence des cités des Rémes, des Viromanduens (dont le ruisseau d'Iron dessine la limite avec la Nervie), des Nerviens et des Tongres.

    Statue gallo-romaine

    La Gaule Belgique est une province essentiellement agricole. Même si César décrit la région comme boisée, il faut reconsidérer l'idée d'un couvert végétal dense après la conquête. Les défrichements se systématisent le long des différentes vallées où s'implantent des villæ. Très tôt d'ailleurs ces établissements à vocation coloniale légitime le nouveau pouvoir. Essentiellement stratégique, la chaussée reliant Reims à Bavay favorisa l'urbanisation jusqu'au Bas-Empire, avec la prolifération des vici, mansiones et des chefs-lieux de civitates. On ne sait pas si le tracé routier a été déterminé par l'habitat primitif. La voie a dû être établie ex nihilo en territoire nervien. Depuis Bavay jusqu'à Larouillies, la chaussée est, en effet, beaucoup plus rectiligne. L'orientation nord-sud ainsi qu'un habitat plus dispersé pourraient indiquer qu'elle a succédé, en partie, à une piste indigène. Ainsi s'esquisse l'hypothèse que la voie ait eue comme destination initiale, l'oppidum de Flaumont-Waudrechies. Si le type de construction de type murus gallicus paraît dater cet établissement de la Tène finale (les trouvailles se résument à la découverte d'une fibule en 1882, de trois stratères unifaces et d'ossements au tout début du XXe siècle) rien ne permet d'affirmer qu'il ne succède de peu à la conquête.

    On considère que le réseau routier a été conçu par Agrippa dans la seconde partie du Ier siècle av. J.C.. Il est vraisemblable de penser que c'est à partir des stations routières (mutationes et mansiones) que vont se déployer les premières agglomérations. On distingue généralement trois formes de vicus. La première, peuplée à l'origine d'agriculteurs, accueille rapidement des artisans, des commerçants. La deuxième, se cale à l'abord des carrefours routiers, d'un gué ou d'un pont. Ces vici routiers semblent assez fréquents en Thiérache. La troisième enfin, doit son importance à l'existence d'un magus (marché). Ces vici sont généralement dotés de bâtiments publics, d'un sanctuaire et parfois même d'un théâtre en rapport avec l'essor des échanges commerciaux. De Bagacum, chef-lieu de la Civitas Nerviorum, la chaussée se dirigeait vers Quartes (4ème mille romain) près de la Sambre. L'agglomération antique apparaît comme un important centre de production céramique.

    Site gallo-romain de Bavay

    La vocation administrative et résidentielle de Bavay aurait favorisé le développement des ateliers en dehors de la Civitas. On a retrouvé des fours de potiers appartenant aux fabricants BRARIATUS et VARIATUS dont les tèles étaient exportées jusqu'en bordure rhénane. La voie franchissait ensuite, l'Helpe majeure à Fissiacum (Fuchau). Le toponyme pourrait faire référence à un ancien péage. Puis elle gagnait Duronum (Etroeungt) sur la rive gauche de l'Helpe mineure. Seule étape mentionnée par les itinéraires romains, elle était située à 12 lieues de Bavay. Le site occupe une position de hameau et épouse la pente douce du terrain. D'autres zones d'habitat repérées notamment à Warpont y étaient rattachées.

    De Duronum, une desserte orientée est-ouest partait vers le Nouvion. D'autres situent Duronum à La Capelle, en raison de la borne milliaire trouvée en 1882. Une tradition veut que le lieu-dit La Ville conserve des traces d'occupation romaine. La chaussée prend résolument une orientation nord-sud, à hauteur de Larouillies et se confond sensiblement avec le tracé de l'actuelle RN2 jusqu'à Verbinum (Vervins) en passant par La Capelle, Froidestrées, Etréaupont et La Chaussée. Le vicus de Verbinum comportait un marché. Depuis un siècle, les fouilles ont révélé l'existence d'un théâtre (de 60 mètres dans son plus grand axe), d'un ollarium, d'une villa et de diverses substructions. Une autre voie venant de Vermand rejoignait Landifay (où fut mis à jour un cimetière gallo-romain) puis La Hérie et Sains. Elle traversait les bois de Marfontaine, Franqueville et Cambron (où se trouvait une villa).

    La chaussée Brunehaut

    La route parvenait au vicus de Vervins, se dirigeait vers le centre du plateau de Terva, le bois d'Eparcy, et traversait la forêt jusqu'à Macquenoise. A Macquenoise, des ramassages de surfaces et une fouille de sauvetage ont permis d'identifier un édifice thermal, une cave ainsi que des traces d'activité sidérurgique de la seconde moitié du IIe siècle/début du IIIe. Des carrières y étaient exploitées à ciel ouvert. L'arkose était employée dans la confection des meules-mortiers (dont l'aire de dispersion semble avoir été assez conséquente) et des urnes cinéraires. A proximité de la frontière, l'ouverture d'un chemin, au XIXe siècle, dans le canton des Aulnois permet la découverte d'un îlot d'habitats sans doute à mettre en relation avec l'exploitation du banc d'arkose qui s'étire sur plusieurs kilomètres depuis Mondrepuis.

    De Verbinum, la voie Reims-Bavay prenait la direction de la Chaussée d'Hary, atteignait la Corrérie et traversait la forêt du Val-St-Pierre où son remblai est conservé. De là, elle joignait la station de Catusiacum (au nord de l'actuel village de Chaourse). Elle passait la Serre au lieu-dit Le Gué, suivait la limite départementale entre l'Aisne et les Ardennes, gagnait Dizy-le-Gros et Nizy-le-Comte. Ninitacus (Nizy-le-Comte) où furent découverts une borne milliaire, deux villae du IIe siècle richement décorées et un temple dédié à Belenus. Plus loin, le tracé suivait l'actuelle D966, traversait l'Aisne à Auxenna.

    En parlant d'Evergnicourt, Amédée Piette, au XIXe siècle, affirmait qu'on pouvait voir les culées de l'ancien pont lorsque les eaux de l'Aisne étaient basses. La voie franchissait la Retourne à l'ouest de Brienne/Aisne, la Suippe à Pongivart, passait près de Brimont pour parvenir à Durocotorum (Reims; chef-lieu de la Civitas Remensis) par la porte de Mars. La voie Reims-Bavay fut peut-être abandonnée vers la fin du IIIe ou au début du IVe siècle. Au Bas-Empire, la Civitas Nerviorum est en effet remplacée par la Civitas Camaracensium; Cambrai devenant le chef-lieu de la nouvelle cité.


     
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